07.07.2008
On top of the world

Le proverbe japonais dit en substance : "Qui gravit le Fuji-san une fois est un sage, qui en fait l'ascension une deuxième fois est un imbécile." Et ça tombe bien car, si je suis très heureux de cette expérience, je ne le ferai sans doute pas deux fois !...
L'arrivée sur Tokyo préfigurait déjà la galère dans laquelle on s'embarquait, puisque tous les casiers à bagages du centre ville étaient fermés, pour cause de G8. Heureusement on a fini par tomber sur un réceptionniste sympa dans un petit hôtel, qui a accepté de garder nos valises... très certainement parce qu'on s'est expliqué en japonais. Après quoi il fallait rejoindre le bus à la gare de Shinjuku, pour un peu plus de 2 heures de trajet jusqu'à la 5e station du Mont Fuji, où l'on arrivait à 22h30. Objectif : faire l'ascension de nuit, et arriver pour le lever du soleil vers 4h.
Lampe torche, vêtements chauds, gants, bonnes chaussures, boissons, nourriture... le sac à dos au complet, on ne tarde pas à se mettre en route. Le périple commence donc à la 5e station de la route de Kawaguchiko, à 2305 mètres d'altitude. Le sommet se trouve près de 1500 mètres plus haut, soit à 3776 mètres précisément : c'est bien sûr le point culminant de l'archipel. Niveau température, on a quitté les 32°C de chaleur Tokyoïte moite et étouffante, et perdu facilement 20 degrés. Ce n'est qu'un début.
Et le début est d'ailleurs plutôt rigolo. On commence là où la route s'arrête, par une toute petite portion de forêt. On fait mumuse avec la lampe torche, sans laquelle il fait nuit noire. Il n'y a presque personne d'autre. Et lorsque les arbres s'éclipsent, on voit en contrebas au loin les lumières d'une ville au nord. La route monte tout doucement... monte-t-elle d'ailleurs vraiment ? Non, par endroit elle semble descendre. Au bout d'une bonne demi-heure, on arrive à la 6e station, sans grand péril.
Or c'est là qu'on commence à déchanter, quand on se rend compte grâce à la fiche informative du parcours qu'on n'a presque pas décollé par rapport à l'altitude d'arrivée... tandis qu'il y a 300 mètres (= une Tour Eiffel) de dénivelé entre chacune des stations suivantes. Gloups. C'est là aussi qu'on commence à regarder autour de soi et voir que tous les autres grimpeurs ont par exemple chacun une lampe frontale, un bâton de marche, tout un attirail de randonnée, et non pas juste une bête lampe torche pour 2. Aurait-on sous-estimé la montagne ? Oui.
L'arrivée sur Tokyo préfigurait déjà la galère dans laquelle on s'embarquait, puisque tous les casiers à bagages du centre ville étaient fermés, pour cause de G8. Heureusement on a fini par tomber sur un réceptionniste sympa dans un petit hôtel, qui a accepté de garder nos valises... très certainement parce qu'on s'est expliqué en japonais. Après quoi il fallait rejoindre le bus à la gare de Shinjuku, pour un peu plus de 2 heures de trajet jusqu'à la 5e station du Mont Fuji, où l'on arrivait à 22h30. Objectif : faire l'ascension de nuit, et arriver pour le lever du soleil vers 4h.
Lampe torche, vêtements chauds, gants, bonnes chaussures, boissons, nourriture... le sac à dos au complet, on ne tarde pas à se mettre en route. Le périple commence donc à la 5e station de la route de Kawaguchiko, à 2305 mètres d'altitude. Le sommet se trouve près de 1500 mètres plus haut, soit à 3776 mètres précisément : c'est bien sûr le point culminant de l'archipel. Niveau température, on a quitté les 32°C de chaleur Tokyoïte moite et étouffante, et perdu facilement 20 degrés. Ce n'est qu'un début.
Et le début est d'ailleurs plutôt rigolo. On commence là où la route s'arrête, par une toute petite portion de forêt. On fait mumuse avec la lampe torche, sans laquelle il fait nuit noire. Il n'y a presque personne d'autre. Et lorsque les arbres s'éclipsent, on voit en contrebas au loin les lumières d'une ville au nord. La route monte tout doucement... monte-t-elle d'ailleurs vraiment ? Non, par endroit elle semble descendre. Au bout d'une bonne demi-heure, on arrive à la 6e station, sans grand péril.
Or c'est là qu'on commence à déchanter, quand on se rend compte grâce à la fiche informative du parcours qu'on n'a presque pas décollé par rapport à l'altitude d'arrivée... tandis qu'il y a 300 mètres (= une Tour Eiffel) de dénivelé entre chacune des stations suivantes. Gloups. C'est là aussi qu'on commence à regarder autour de soi et voir que tous les autres grimpeurs ont par exemple chacun une lampe frontale, un bâton de marche, tout un attirail de randonnée, et non pas juste une bête lampe torche pour 2. Aurait-on sous-estimé la montagne ? Oui.
La suite ne fait que confirmer. On avance à grand peine, dans la nuit noire, en prenant soin de rester loin de la pente. Entre les stations proprement dites, on trouve des refuges très semblables où l'on peut se reposer et même acheter quelques vivres, mais cela à prix d'or. On préfère s'en tenir au banc, sur lequel on pose ses fesses 2 minutes, le temps de boire une gorgée et de repartir. Le corps est mis à rude épreuve.
Ca va durer comme ça près de 5 heures, durant lesquelles la terre va parfois laisser place à la roche, guère plus pratique à escalader. Surtout quand tu dois te tenir à une corde et que ta 2e main est prise par la lampe. Les refuges se succèdent comme autant de petites victoires sur soi-même. Et puis finalement, alors que tes forces se barrent, l'horizon commence s'éclaircir : c'est pour bientôt, il ne faut rien lâcher ! Après un nombre incalculable de faux espoirs, de "on est presque arrivés", tu y es enfin.
Ils disent que les enfants et les grand-mères peuvent le faire... ben j'aimerais voir ça, tiens ! Gravir le Fuji-san, ça se mérite. Et on n'est pas peu fier de l'avoir fait. Le spectacle du soleil levant est la juste récompense du grimpeur, pour peu qu'il ait beau temps : c'est magnifique, magique. Le ciel passe par des teintes de bleu, de rose et de violet inconnues jusque là, avant que l'astre du jour n'achève d'embraser les nuages de l'aube. En contrebas, d'autres sommets timides pointent à travers la brume, entourés de lacs et de forêts, tandis qu'au premier plan les retardataires finissent leur ascension. Superbe.
La visite du cratère tourne court après quelques photos, car il vente et on pêle : eh oui il y a encore pas mal de neige au sommet, même début juillet ! S'amorce donc la redescente du volcan, sur un chemin différent de près de 3 heures, fait principalement de terre meuble. C'est évidemment plus simple, mais les jambes sont douloureuses et l'aventure n'est pas finie pour autant. Un touriste maladroit pose son sac un peu trop près de la pente lors qu'une pause : il le regarde la dévaler sur une centaine de mètres, impuissant. Heureusement pour lui, le sac s'arrête juste avant un grand saut et, intrépide, il pourra le récupérer. D'autres auront eu moins de chance : je rencontre par hasard 2 Français travaillant chez Air France, dont un collègue s'est tué dans l'ascension quelques temps auparavant. On ne plaisante pas avec la montagne.
On finit par regagner Tokyo en début d'après-midi, passer à l'hôtel prendre une douche très très TRES nécessaire, et s'offrir un repos extrêmement mérité. Le reste du weekend est ensuite principalement consacré à affronter la foule, de Shibuya à Harajuku, en période de soldes. Pas une mince affaire non plus ! Si tu veux mon avis, il fait beaucoup trop chaud et humide en été pour une ville aussi bondée. On devrait interdire aux masses d'air de dépasser les 25°C, ouais.
La visite du cratère tourne court après quelques photos, car il vente et on pêle : eh oui il y a encore pas mal de neige au sommet, même début juillet ! S'amorce donc la redescente du volcan, sur un chemin différent de près de 3 heures, fait principalement de terre meuble. C'est évidemment plus simple, mais les jambes sont douloureuses et l'aventure n'est pas finie pour autant. Un touriste maladroit pose son sac un peu trop près de la pente lors qu'une pause : il le regarde la dévaler sur une centaine de mètres, impuissant. Heureusement pour lui, le sac s'arrête juste avant un grand saut et, intrépide, il pourra le récupérer. D'autres auront eu moins de chance : je rencontre par hasard 2 Français travaillant chez Air France, dont un collègue s'est tué dans l'ascension quelques temps auparavant. On ne plaisante pas avec la montagne.
On finit par regagner Tokyo en début d'après-midi, passer à l'hôtel prendre une douche très très TRES nécessaire, et s'offrir un repos extrêmement mérité. Le reste du weekend est ensuite principalement consacré à affronter la foule, de Shibuya à Harajuku, en période de soldes. Pas une mince affaire non plus ! Si tu veux mon avis, il fait beaucoup trop chaud et humide en été pour une ville aussi bondée. On devrait interdire aux masses d'air de dépasser les 25°C, ouais.
...pas de bol, c'est un peu le même topo à Osaka ^^














15:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mont fuji, lampe torche, soleil levant






