29.10.2007

Fête de O.U.F.S.

"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort." (Nietzsche)

Au Japon sans doute plus qu'ailleurs, on a bien conscience que si le ridicule ne tue pas, c'est qu'il doit alors entrer dans cette catégorie des choses qui nous renforcent. Ici, quand il s'agit de faire la fête, on ne se pose semble-t-il plus vraiment de questions d'aucun ordre... peut-être parce qu'on s'en pose trop le reste du temps, et qu'il faut savoir se vider la tête. De fait, tout ignorant de la philosophie allemande qu'il soit, le Japonais parait apprécier l'exposition prolongée au ridicule, qu'il en soit acteur ou spectateur. Je crois que c'est culturel : impossible dans bien des cas de dire si oui ou non le potentiel comique des spectacles est volontaire ^^

Quoiqu'il en soit, c'est efficace ! Et ces 2 jours de fête de la fac furent très plaisants. En plein centre du campus ont défilé sur scène les danseurs et musiciens les plus capillairement oufs et vestimentairement extravagants. Les groupes de danse avaient pour la plupart bien bossé leur chorégraphie et le résultat faisait plaisir à voir. Niveau musique, ça se défendait pas trop mal. Dans les bâtiments d'autres spectacles (flamenco, danse du ventre, musique encore...) prenaient le relai. D'autres activités moins bruyantes comme des expos-photos coexistaient aussi paisiblement. Et on trouvait bien évidemment quantité de stands de bouffe proposant par exemple de l'okonomiyaki, spécialité d'Osaka (for more info, please Google it).

Mais le truc intéressant dans une fac de "Foreign Studies", c'est que les élèves étudient les langues étrangères et tentent donc d'en faire quelque chose. A savoir une pièce de théâtre, puisqu'était présentée dans le grand amphi une pièce dans chacune des langues étudiées sur le campus. Pour rien au monde je n'aurais manqué "La Belle au bois dormant". Et je n'ai pas été déçu : le français des acteurs était dans l'ensemble si mauvais qu'il sonnait à mon oreille comme du japonais, les décors, les costumes, les accessoires étaient d'un "cheap" rarement atteint, et l'interprétation calamiteuse confinait à l'amateurisme absolu...

Pourtant je dois dire que je me suis vraiment bien marré. C'était absolument, purement et simplement n'importe quoi. Thème d'ouverture du "Fantôme de l'opéra" en début de pièce, acteur principal qui sort un téléphone portable venu de nulle part, scène de combat à l'épée au terme de laquelle intervient le jingle de victoire de "Final Fantasy", et moult autres bruitages à la con... Et quand de temps en temps tu comprends par accident une phrase en français, pour une raison inconnue cela en devient encore plus ridicule. La salle était comble, et le spectacle sur-titré en japonais sur chaque côté de la scène : je pense qu'il a fait l'unanimité.

On ne peut en revanche pas en dire autant de la pièce "Moulin Rouge" en anglais. Là encore, on comprenait peut-être une phrase sur dix, mais par contre ça durait le double de temps et c'était chiant à mourir malgré les passages (affreusement mal) chantés. Le pire, c'est qu'on sentait qu'il y avait un effort de mise en scène derrière. Atterrant. Sur une échelle de 0 à 10, cette pièce passait dans le négatif. Si au moins elle avait pu être ridicule... ^^

Sans transition, section "vie animale" pour finir. J'ai croisé mon premier vrai "mukade" (scolopendre) avant-hier soir dans la salle commune. Long d'une bonne dizaine de centimètres, le centipède a fini écrasé sous ma tong. Bon, c'était moyennement impressionnant, mais ils sont bien là quoi. Et puis hier soir on a aussi vu un furet -pas du Nord- passer juste derrière la baie vitrée de cette même salle. Je crois que ça se confirme : on est à la campagne.

...n'empêche, j'attends toujours de croiser mon premier serpent nippon.