24.09.2007
Colchiques dans les prés...

...c'est la fin de l'été. Le départ approche et l'heure est à la flétrissure. Je redeviens la feuille blanche, celle qui peut tout mais qui n'est encore rien. Celle qui est à la fois folle promesse de quelque chose et insondable angoisse du vide.
Pourtant à y regarder de plus près, la page n'est pas tout à fait blanche. Elle contient ici et là de petites tâches d'encre, maladroitement effacées. Des traces de gomme, aussi. On ne recommence jamais vraiment à zéro.
J'ai quitté Lille. Je n'ai pas dit au revoir à l'IEP, mais plutôt directement à ses occupants de 4e année, avec qui j'ai passé mes deux dernières soirées. Tous m'ont assuré que j'allais vivre une belle expérience. Mais même mal éclairé, le palais des Beaux Arts n'a jamais été aussi émouvant que cette nuit-là. Il est des fils invisibles que tu ne pourrais te résoudre à couper, alors le temps s'en charge pour toi.
Depuis quelques jours déjà, mon esprit est ailleurs. Je somatise, et ça ne s'arrange pas.
***
Vendredi, c'était assurément rugby ! Il y avait foule dans les bars de la rue Masséna, y compris au Father. Grosse ambiance devant l'écran, bon match et résultat satisfaisant. Je n'ai rien retenu des règles, mais ce dont je me souviendrai c'est qu'essayer d'arrêter Jonah Lomu (ex-joueur néo-zélandais) lancé à pleine vitesse équivaut à se faire percuter par une Twingo roulant à 40 km/h. Comme quoi une Twingo, ça déchire.
A peine récupéré de la longue nuit qui a suivi, il fallait déménager. Papa et moi avons d'abord craint que tout ne rentre pas dans la camionette, mais une fois les matelas sanglés sur le toit la place était suffisante. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait drôle de voir son appartement vide.
En préalable à ce déménagement, j'ai découvert vendredi un truc surréaliste en allant faire suivre mon courrier : la Fête de la Poste. Peu avant 14h, la population sociologiquement très intéressante de Wazemmes attend l'ouverture du bureau de Poste. Les portes s'ouvrent. La longue file habituelle se forme ("bougez avec La Poste", ironisait l'autre). Je vois un type dans un coin avec un casque, et quelquechose qui ressemble à une petite table de mixage. Des ballons un peu partout. Cette affiche. Je ne réalise pas vraiment. Soudain "Les Forbans" font une apparition tonitruante dans les enceintes. Commence une fête triste.
Aujourd'hui heureusement la "fête" était plus joyeuse. Nous sommes retournés dans la ferme de mon oncle en plein coeur de la Beauce. Les champs à perte de vue, et le poids du ciel immense. Les chiens, les chats, les moutons... et surtout la famille. Et de nombreux au revoir.
...dans son sourire, des diamants.
01:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : déménagement, rugby, tête dans les nuages






