26.11.2007

(Not) Alone in Kyoto

C'était prévu de longue date, je ne pouvais pas ne pas aller à Kyoto en cette période de momiji. Seulement figure-toi qu'on était plusieurs à avoir eu la même idée. Et pas plusieurs genre 3 tondus et 1 pelé, nan. Plusieurs genre la moitié du Japon et la quasi-totalité des touristes actuellement présents sur le territoire nippon. Du coup ça nuit un peu au charme -pourtant évident- de la ville...

Surtout quand tu dois retrouver des gens sur place, que tu galères dans la foule pour trouver ton bus, et que finalement malgré les indications avisées de Clémence au téléphone tu te plantes dans les kanjis du temple (mais ça tu ne le sais pas encore) et qu'au final tu visites le Ginkakuji (銀閣寺), Pavillon d'argent, au lieu du Kinkakuji (金閣寺), Pavillon d'or, tout en te demandant ce que peuvent bien foutre les autres et pourquoi tu les as pas vus à l'entrée. M'enfin c'était très joli quand même, hein ^^

Et puis j'ai aussi pu constater lors de cette brève escapade kyotoïte que le traffic à l'intérieur de la ville était une catastrophe. Sans doute comparable au périphérique parisien à 8 heures du mat' un jour de grève RATP. Pour te dire, je suis revenu vers la gare à pied, histoire de me balader un peu. Ben ça m'a peut-être pris 1h30, n'empêche que j'ai dépassé 3 des bus n°203 over-bondés que j'aurais dû prendre. J'étais pas mécontent de mon choix.

Bilan : Kyoto ça a l'air super, mais alors s'il te plaît Papa Noël, à l'avenir il faudra penser à mettre un peu moins de gens dedans. Merci.

Bon, ça c'était samedi. Mais reprenons les événements dans l'ordre, si ça ne te fait rien. Vendredi (jour férié) j'étais à Nara ! ...c'est-à-dire là où l'autre moitié du Japon s'était donnée rendez-vous, ainsi que les 3 touristes et demi restants.

Alors Nara, c'est aussi une ex-capitale japonaise. Seulement si Kyoto l'a été jusqu'en 1868, pour Nara ça remonte à une époque beaucoup plus ancienne et la période concernée est très courte. Aujourd'hui c'est une ville moyenne bien que très touristique, située également dans le Kansai à l'est d'Osaka, et avec là aussi un très riche patrimoine historique.

Pourtant ce n'est pas ainsi qu'on te "vendra" Nara la plupart du temps. Non, ici le gros truc à merchandising bordélique comme les Japonais savent si bien faire, ce sont les biches de Nara. Pardon, les cerfs sikas... enfin les biches, quoi. Sous forme de peluches, de porte-clefs, voire de petites serviettes Disney avec un Pluto déguisé en cerf, on essayera par tous les moyens de te refourguer de la biche de Nara.

Alors évidemment quand tu te retrouves dans le grand parc avec toutes ces biches en liberté, c'est vraiment chouette. Et puis au bout de 2 minutes tu réalises qu'elles n'ont rien de sauvage et ne s'intéressent à toi que pour ta bouffe (qu'on te vend un peu partout, viendez nourrir les biches jusqu'à ce qu'elles vous gerbent dessus). Donc c'est joli, c'est mignon... mais tellement artificiel.

Artificiel, je crois que c'est un terme qui colle assez bien au Japon. Il s'applique également à la plupart des temples que tu pourras voir ici. Situé non loin de Nara, le Horyuji, prétendument la plus ancienne structure en bois au monde, ne fait pas exception. Plus rien ou presque n'est d'origine, la faute aux séismes et aux incendies. Mais on fait comme si. Il suffit d'y croire.

Bon je voudrais pas donner l'impression de virer blasé (parce que c'est vraiment pas le cas), alors venons-en au Temple avec un grand T, toujours à Nara... j'ai nommé le Todaiji ! Le père de tous les temples, celui qui les enterre tous grâce à un bâtiment principal proprement gigantesque. Le plus grand bâtiment en bois au monde : crois-moi, c'est massif. Ce qui est flippant c'est de savoir que, comme lui aussi a été détruit plusieurs fois pour le même type de raison que le Horyuji, il a été reconstruit... et qu'il était 30% plus grand *avant*. Mais surtout, il te faut savoir que le Todaiji abrite... un Bouddha géant. Lequel mesure pas moins de 15 mètres de haut. Pour te donner une idée tu fais la taille d'un de ses doigts. C'est paraît-il le 3e plus grand au monde, les 2 premiers étant en Inde.

. <--- absence de transition

Sinon, ce week-end ayant été bien rempli, j'ai aussi visité un peu le sud d'Osaka. Notamment Den-Den Town, le fameux quartier de l'électronique, dont les magasins regorgent par ailleurs de figurines, mangas et animes pornos. Et aussi un petit restaurant de sushis pas mauvais, tout en longueur type comptoir, comme on en trouve beaucoup. Et on a fait des purikura, ces photomatons de groupe débiles dont les jeunes Japonais(es) sont fans. Et, bien sûr, j'ai encore fait quelques achats inutiles pour décorer ma chambre... ^^

...et c'est loin d'être fini !










21.10.2007

Far from the crowd

Alors voilà : je pensais faire un post à propos du (des) centre(s) d'Osaka, parce que j'ai quand même plein de photos à te montrer. J'aurais parlé de la ville, la vraie. De ces artères surpeuplées aux néons qui clignotent dans tous les sens. De ces endroits fascinants que sont Umeda et surtout Namba, en tant qu'ils représentent la ville japonaise comme nous, occidentaux, nous l'imaginons.

Et puis en fait je ne sais pas si j'ai grand chose à rajouter par rapport à ce que tu as pu lire ailleurs, ou à ce que tu sais déjà intuitivement. Donc je mettrai juste des photos à la fin, et sinon je vais plutôt faire dans l'anecdotique foutraque et sans rapport, parce que tu mérites de mes nouvelles.

Déjà, je pense pouvoir dire (à 2 ou 3 détails) près que nous en avons *enfin* fini avec les formalités -et les formulaires- à la con. Au final on est allés à la mairie s'enregistrer pour obtenir d'ici quelques semaines la "gaijin card", on a lutté pour communiquer avec la vendeuse de portables et en acheter un, on a ouvert un compte en banque et tant mieux parce qu'ici on peut limite retirer nulle part même avec une Visa -believe it or not-, on a passé la visite médicale, on a galéré pour trouver les bons adaptateurs pour les prises électriques, et j'ai même investi dans une Nintendo DS avec comme prétexte une cartouche qui fait dictionnaire électronique de kanjis.

Hier, l'alarme incendie du dorm s'est mise à hurler sur le coup de 19h. Frustrés, Robert (le Suédois) et moi nous sommes résolus à laisser en plan les yaki-soba que nous tentions de cuisiner pour descendre voir ce qu'il se passait. Finalement, c'était juste Clémence qui avait fait cramer du poulet dans sa poêle au 7e. Je crois que les gardiens (et les pompiers, qui ont bien mis 15 mins à arriver) n'étaient pas très contents... au moins, on sait que l'alarme marche ^^

La semaine dernière, on se promenait tranquillement dans Minoh en début d'après-midi quand un flic, soucieux de justifier son salaire, est venu nous demander nos passeports. Heureusement nous étions (à peu près) en règle. Une fille du campus a eu la même expérience désagréable en allant demander un renseignement à un policier : il n'a pas pu l'aider, par contre il a quand même tenu à vérifier son passeport. Mine de rien, je crois qu'ici l'étranger est toujours un peu suspect pour certains.

On a aussi eu quelques échos de la confrontation sportive entre notre fac et Tokyo Gaidai qui a eu lieu sur le campus jeudi dernier. Manque de bol, Tokyo a gagné de peu. Je n'ai pu voir qu'un bout du match de rugby en passant, mais il faut avouer que même le rugby nippon, c'est musclé. Enfin le meilleur, c'était quand même les pom-pom girls qui s'agitaient de chaque côté du terrain ^^

Vendredi il a plu. Et ici quand il pleut, c'est pas pour rire. C'est du 8h-22h non-stop, et crois-moi c'est autre chose que le crachin lillois. Alors vu la taille de ton parapluie et le trou dans tes pompes (déjà moyennement waterproof avant), tu fais pas le malin. Sans compter que ça a causé une mini inondation dans la cuisine qu'il a fallu éponger avec euh, pas grand chose --> la pluie, c'est pas cool.

Bon et puis sinon les cours ont évidemment commencé. Pour l'instant on ne peut pas dire que ça soit dur étant donnée la pédagogie à base essentiellement de répétition de phrases, mais ça dépend des cours et surtout ça va aller crescendo. Quand tu t'aventures dans un cours de Kanjis niveau 2, crois-moi tu sens la différence (Sune, le Danois : "that was just *pure humiliation* " ^^). Ceci dit on est en tout petits groupes, 6 personnes à mon niveau, donc je pense qu'on peut espérer progresser rapidement, surtout en dans le contexte linguistique local !

Après, ce qui est drôle ce sont les différents profs. Sur un peu plus de 20h de cours par semaine (je n'ai pas encore arrêté mes choix définitifs), on n'a pas une seule fois le même prof. Tous sont globalement sympas, mais il y a des nuances. Tu as la prof ultra-pro avec laquelle le cours semble avancer sur des rails si bien huilés qu'il est impossible de l'interrompre, tu as le prof timide, binoclard et encore plus petit que la moyenne japonaise, le prof jeune, stressé, en retard, et affublé d'un insupportable TOC à base d'aspiration d'air bruyante toutes les 10 secondes, ou encore le prof hyper décontracté, en permanence mort de rire et qui se présente en faisant un mini-sketch... Mais tous sans exception te prieront d'excuser leur "broken English", à propos duquel tout Japonais complexe terriblement. Et il faut dire qu'il peut ^^

Depuis hier soir on a une Dreamcast, 3 manettes et autant de jeux sur la télé de la petite salle commune en bas de notre dorm. L'Anglais a acheté la console d'occasion à Den-Den Town pour 4500 Yen (quelquechose comme 30€), une misère même si elle commence à dater. Et ce soir Robert nous a refait une "takoyaki party". Tape "takoyaki" dans Google si tu veux savoir ce que c'est, ça sera sûrement mieux que si je tente de t'expliquer, parce qu'en plus j'ai la flemme, d'abord. Je peux juste te dire que c'est bon !

Ah j'oubliais, si tu veux claquer 2 SMIC en 5 minutes de communication, mon portable c'est le 08061647470. Et je n'ai aucune idée du préfixe du Japon pour les appels depuis l'international, donc débrouille-toi. Sinon, tu peux te contenter de m'écrire des mails à artnancel (at) ezweb.ne.jp, parce que figure-toi que oui je peux lire et envoyer des mails depuis mon téléphone (mais uniquement sur cette adresse).

...m'enfin j'ai pas pris la télé ni internet, faut pas pousser non plus.