13.10.2007
The Wild.

Tu l'auras deviné, aujourd'hui je vais te parler de la faune japonaise avec laquelle j'ai eu ce qu'on pourrait appeler une rencontre du 3e type. Mais je t'expliquerai plus loin.
Alors évidemment je dois commencer par les araignées. Ca ne s'invente pas, elles -aussi- sont jaunes (et un peu rouges, voire vertes). Je ne sais pas s'il faut s'en méfier particulièrement, mais on en trouve littéralement partout, jusque dans le moindre buisson. Pour un arachnophobe notoire comme moi, c'est pas super rassurant. M'enfin je commence à m'y faire, et y en a même une énorme dans un coin de bâtiment pas loin, qu'on voit tous les jours et à laquelle on a donné un nom... on s'occupe comme on peut.
Plus largement, niveau insectes, on est servis. Des tonnes de papillons, libellules, sauterelles, et nettement plus de mantes religieuses qu'en France où elles sont très rares. Et bien sûr des scolopendres (le fameux "mukade" dont j'ai déjà parlé) bien que je n'en ai pas vu pour l'instant... mais parait-il qu'une fille en a retrouvé un dans son sac. Cool.
Par contre, ici on ne trouve pas pigeons. Il y a bien des oiseaux, plus jolis, qui leur ressemblent, mais non. Le seul endroit où tu trouveras des pigeons, je te le donne en mille : l'animalerie. Oui oui, le bon vieux pigeon parisien qui chie partout, ici il se vend, semble-t-il... et je suppose donc qu'il s'achète. Peut-être un filon pour l'export. Là encore, j'ai pris une photo pour le prouver. Parce que bon, je pourrais aussi dire n'importe quoi sur le Japon vu que tu ne viendras sans doute jamais vérifier, mais avoue que ça serait moins drôle.
Et cet après-midi, Clémence et moi avons entrepris de trouver un chemin dans la montagne / forêt, et si possible vers une chute d'eau située dans les environs. On a galéré un moment, trouvé des coins sympas avec des bambous géants, avant enfin, derrière un temple, de trouver un chemin qui semblait aller réellement dans la forêt.
Un type joue du saxophone, juste là où l'asphalte s'arrête, comme pour s'adresser à la forêt. Jazzy.
[ici débute l'anecdote tant attendue (ou pas)]
Le chemin commence immédiatement à monter de façon assez abrupte... étroit, il est à l'évidence peu emprunté, et s'enfonce rapidement dans une forêt touffue. Je réalise rapidement à la piètre qualité du sol que j'ai un trou dans la semelle de mes vieilles chaussures. Tous les 10 mètres, une toile d'araignée à hauteur d'homme barre la route : on passe en-dessous quand on ne se la prend pas carrément dans la tronche. Les Japonais sont nains, d'accord, n'empêche qu'ils doivent vraiment pas venir souvent par ici.
On continue de monter et d'avancer. Une bonne trentaine de minutes s'écoule. Le chemin est mauvais, parfois raide. On n'a aucune idée d'où il peut bien mener, et slalomer entre les toiles des monstres à 8 pattes est fatiguant. La forêt est vraiment fournie et on n'a pas le moindre point de vue digne de ce nom, ce qui aurait pu au moins constituer une petite satisfaction étant donné notre effort.
Finalement, on s'arrête et on décide de rebrousser chemin car la nuit va tomber. Or à ce moment précis, je l'aperçois malgré son pelage qui le camoufle naturellement. Là, juste en face de nous, assis au bord du chemin qui continue, un singe. Un genre de babouin au visage rouge, attribut typique des singes japonais. La voilà, l'inattendue récompense de notre périple ! Je le montre à Clémence qui peine quelques instants à l'apercevoir. Je dégaine mon appareil photo et prends quelques clichés hélas flous, à cause de la distance et du manque de lumière. Je m'approche doucement pour ne pas l'effrayer. Et puis il quitte le chemin, et s'en va dans la pente qui descend. Je prends un dernier cliché (un peu moins mauvais). Il va bientôt faire nuit et nous devons rentrer.
Et c'est évidemment là, sans prévenir, que le singe pète un câble et nous fonce dessus en hurlant. Il arrive à mes pieds et montre les dents en s'agitant. J'ai le trouillomètre à zéro et Clémence aussi, ce truc fait la taille d'un très gros petit chien et je n'ai aucune idée de ce dont il est capable. On essaye de rester calmes et de faire mine de s'en aller tranquillement. Il nous barre la route, va de l'un vers l'autre, montre toujours les dents en gesticulant et en criant.
Je n'ose plus bouger pendant que le singe s'excite à mes pieds, et que je me demande s'il va me mordre la jambe ou me grimper dessus et viser ailleurs. Pourtant, il y a pire. Car à ce moment-là Clémence me signale que 2 autres singes se trouvent pile au-dessus de moi dans l'arbre. Je ne veux même pas lever la tête tellement j'ai la frousse et tente de rester stoïque, mais je constate cependant qu'un genre de pelure de fruit vient de s'abattre à mes pieds, et qu'elle doit donc dire vrai. Un instant plus tard je vois effectivement 2 singes passer derrière Clémence, sans savoir s'il s'agit des mêmes. Psychose totale dans ma tête : on est encerclés par des singes hostiles à 1/2 heure de la civilisation, on va crever ou pas loin.
Et puis, par je ne sais quel miracle, peut-être grâce à notre formidable self-control et à mes souvenirs de documentaires animaliers sur comment réagir face à un gorille (on ne se moque pas !), le singe fou finit par se calmer un peu et nous laisser tranquilles. Nous n'osons toujours pas bouger, tandis qu'il s'éloigne... évidemment en empruntant le chemin qui doit nous ramener chez nous. On attend encore quelques longues minutes qu'il daigne nous ouvrir le passage et nous repartons sans tarder, non sans l'apercevoir à nouveau un peu plus loin pour quelques frissons supplémentaires. 30 minutes plus tard, retour à la route, puis bientôt à la fac.
Voilà. Ca, c'est de l'aventure ! Tavu ? Promis, je ne retournerai plus jamais dans la forêt par ce genre de chemin paumés ! Photos à suivre.
...et j'ai encore des toiles d'araignées dans les cheveux ^^




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