03.10.2007
Vu(es) de là-bas

Vu de là-bas, tout est si différent. Bientôt, là-bas deviendra ici. Bientôt.
Je ne sais même pas par où commencer. Il y a tellement à dire. Je sais déjà que je ne pourrai sans doute pas te raconter la moitié de ce que j'aurais voulu que tu saches, et cette pensée me rend un peu triste.
Il est actuellement 10h30 ici à Osaka (3h30 du matin chez vous donc), le mercredi 3 octobre. Je viens de me lever après une longue nuit... puisque je n'avais pas dormi depuis près de 30 heures, n'y étant pas arrivé dans l'avion. Je ne sais pas trop où ni quand je pourrai poster cet article, mais au moins son moment d'écriture est situé. Place au récit : je vais tenter de faire au mieux en procédant chronologiquement.
L'avion : Clémence et moi avons failli être surclassés en business... et en fait non, fausse joie. Nous avons même failli être à côté dans l'avion... et pas réellement. Cela m'a cependant permis de faire connaissance avec un couple charmant, la quarantaine, vivant à Kobe.
J'ai beaucoup parlé avec la femme (Yuki, "neige" en japonais) qui par chance était traductrice et parlait donc un très bon anglais. On a discuté de tout et de rien, de leur séjour en France, du fait qu'elle y avait vécu 5 ans dans sa jeunesse, du mécontentement du patron de son mari quand il a posé 2 semaines de vacances (énorme au Japon), des colonies de vacances -oui oui j'ai chanté du Pierre Perret dans l'avion-, ou encore du grand kiff de son mari quand ils vont dans le sud de la France et en Europe : traverser les frontières en voiture... car le Japon étant une île, c'y est impossible. L'espace Schengen les a d'ailleurs beaucoup déçu : même pas de contrôle à la frontière alors qu'ils avaient tout préparé ! Ils m'ont même laissé leurs coordonnées à Kobe, leur e-mail si j'avais un problème, et le nom d'un "onsen" (bain public japonais) auquel il fallait absolument que j'aille.
11h30 de vol ce fut quand même long. En plus il faisait relativement chaud, ce qui sur une telle durée peut être pénible. Arrivé à Osaka heureux mais ne rêvant que d'une bonne douche, je passe à la douane sans problème. Nous allons chercher nos bagages. Clémence récupère immédiatement son sac, mais pas moi... je vous passe les détails, une dame vient me voir et me demande si mon nom figure sur un de ses papiers. Or elle tient dans sa main 3 feuillets concernant des bagages qui sont restés à Charles de Gaulle... et évidemment, il y a le mien. C'est donc la grosse tuile officielle de la journée (sans compter qu'on avait payé un excédent de 150€ pour 5 kilos supplémentaires, donc je pense qu'il y a du scandale dans l'air auprès d'Air France).
Toujours est-il que la valise en question devrait -je préfère utiliser un conditionnel- m'être apportée aujourd'hui mercredi en fin d'après-midi directement à la fac, arrivant donc par un autre vol. En attendant, j'emprunte du gel douche, du dentifrice et une serviette à Clémence, et je mets les vêtements de change que maman m'avait heureusement conseillé de placer dans mon bagage cabine (how my mother saved my life).
Bref après avoir fait le nécessaire pour le bagage non-embarqué, 4 étudiantes japonaises (dont une chinoise ^^)de "OUFS" nous accueillent à la sortie de l'aéroport. Rejoints par 2 autres français (étudiants en japonais à Marseille), nous filons vers la fac dans un taxi mini-bus, tandis que nos hotesses attendent d'autres personnes. Le trajet dure plus d'une heure. Il semble vu de loin que l'architecture de la ville est massive, bétonnée et, je te l'avoue, très moche. Mais je ne me souviens pas avoir jamais ressenti autant d'excitation devant autant de laideur. Et puis petit à petit quand nous sortons du (genre de) périphérique pour traverser une partie de la ville les choses prennent une taille plus humaine.
Pourtant tout est si irréel, si différent. J'ai l'impression d'être dans un film de science-fiction, d'avoir été projeté au moins 50 ans en avant.
Et en effet le Japon est différent. Même les toilettes ne marchent pas tout à fait pareil. Il y a des boutons un peu partout dans la résidence dont on ignore un moment la fonction avant de finir par la deviner (sans que les kanjis écrits en-dessous nous soient pour l'instant d'un grand secours). C'est ainsi que je me suis résigné hier à prendre une douche froide, après avoir merdouillé un bon moment sans succès pour obtenir un peu d'eau chaude. Plus tard, d'autres étudiants nous ont montré la marche à suivre.
Un mot rapide sur le dormitory et le campus (j'y reviendrai sans doute dans un prochain article). Les chambres sont évidemment assez petites mais mal fichues, les rangements sont corrects, et nous disposons de toilettes et d'un lavabo. Les douches en revanche sont communes à raison de 2 par étage, étages qui comptent chacun 6 chambres, donc 1 douche pour 3, c'est raisonnable. La chambre est relativement propre (relativement), le coin cuisine de l'étage déjà un peu moins, et sur l'ensemble du bâtiment il faut bien reconnaître que c'est pas trop ça. Encore que ce qui donne une impression de saleté, en plus des toiles d'araignées, ce sont surtout les tâches d'humidité qu'il y a un peu partout au plafond (Dark Water anyone ?), enfin surtout bien sûr dans les douches.
Parce que ouais, l'humidité parlons-en. On arrive, il fait beau, il fait chaud, super. Mais alors quelle chaleur écrasante. Plus que chaud, il fait lourd. Je suppose qu'on s'habitue.
Pendant que Clémence se repose, je fais un tour sur le campus et aux alentours avec les 2 autres français. Nous apprendrons d'ailleurs plus tard que nous sommes 6 en tout, les 2 derniers étant également des étudiants en japonais venus de Toulouse, et que nous sommes 4 au même étage, sur 6 chambres donc. Sur le campus, quoi dire ? C'est grand, il y a beaucoup de bâtiments différents, des cours de tennis, une piscine (qu'il faut réserver, ce qui a l'air de relever de l'exploit), un grand terrain central où on trouve en permanence une vingtaine de japonais en train de s'entraîner à Dieu sait quoi de façon bruyante et plutôt comique... notre dorm' est un peu le bout du monde d'ailleurs, vu qu'il est situé au nord d'un campus déjà à l'extrême nord d'Osaka. Pour te dire, on est sur une grande colline boisée, et derrière la fac il n'y a plus que la forêt.
Aux alentours, autant dire en contrebas vu le dénivelé, ce sont visiblement des résidences propres et calmes, avec parfois des petits champs de blé (?) au milieu... une sorte de banlieue américaine version japonaise, en plus joli donc. Nous avons déjà repére le Seven-Eleven le plus proche, petit supermarché d'appoint. Chose amusante également, il y a des distributeurs de boissons les plus diverses tous les 100 mètres ou presque. Même sur le campus. Enfin elles sont pour la plupart assez inbuvable il faut dire... on a déjà testé quelques trucs, et nous continuerons "pour la science". Ainsi à 100 mètres du dorm' nous avons 3 magnifiques distributeurs avec des boissons bizarres et aussi les fameux "Cup Noodles", nouilles en pot, ce qui peut être pratique. Signalons d'ailleurs que la canette de Coca (avec +150ml, donc vraiment grande) est à 130 Yen, soit moins d'1 euro (1 euro = 160 Yen environ, actuellement).
Nous avons également pu discuter avec quelques étudiants du "U" (Undergraduate) Program -nous sommes dans le "M", Maple Program- qui sont déjà là depuis 6 mois et pour encore 6 mois. Visiblement la vie sur le campus est limitée depuis que les Vietnamiens ont fait péter des feux d'artifice dans la salle commune, et c'est un peu le choc des civilisations Orient vs. Occident ("oh look at this, there is a living cat next to this group of Vietnamese people... I can't believe it, I need a photographical evidence !" ^^). Et le problème c'est que pour aller là où il y a une réelle vie nocturne dans la ville, ou pire dans le vrai centre, ça prend facilement 45 minutes, il faut combiner au moins 2 moyens de transport, et ça coûte cher - 2,000 Yen l'aller-retour semble-t-il, si on fait au plus vite.
Hier soir nous avons mangé un "bento" (sort de plateau-repas tout fait) pour 2 au self avec Clémence... seulement 400 Yen je crois et c'était bon. La nourriture ne devrait donc pas poser de problème.
Demain, on a quelques démarches à faire, quelques réunions ici et là... mais nos cours ne commencent pas avant le 9, soit mardi prochain. J'espère commencer à bosser un peu le japonais d'ici-là, je sens que ça va être vital, car pour l'instant je me planque un peu derrière les autres quand on ne peut pas parler anglais !
Sinon nous avons également vu 2 autres étudiantes du "Maple", une Péruvienne et une Coréenne apparemment sympas. Aujourd'hui je pense que la mission sera de trouver le magasin "tout à 100 Yen" (hyaku-en shop) pour tâcher de se meubler un minimum et d'avoir un petit nécessaire de cuisine. Et peut-être aussi d'arriver à aller jusqu'au cyber café le plus proche (il faudra attendre d'avoir nos students ID pour l'accès internet de la bibliothèque apparemment) pour avoir une connexion internet et tâcher de poster cet article qu'au final j'aurai bien mis une heure à écrire et que je ne compte pas relire eu égard à sa longueur. Désolé pour les fautes etc, mais bravo à toi d'être arrivé au bout !
Et j'oubliais, mon adresse :
#K-202 Minoh Internation Student House, Osaka University
8-1-1 Aomadani-Higashi, Minoh City, Osaka
562-0022, Japan
...et c'est parti pour un an !

Commentaires photos :
- en haut: le long cheminement jusqu'à la fac (les longs bâtiments en béton qu'on aperçoit en arrière-plan sur les 2 dernières vues)
- ci-après : une vue des alentours de la fac... bientôt un "reportage" sur le campus, le dorm, et ses habitants ^^
PS : avons trouve un cyber cafe rudimentaire a 30 mins de la fac par bus + train... prochaines nouvelles pas tout de suite ^^
10:07 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : osaka, arrivee, depaysement
19.06.2007
Long slow goodbye
Des rumeurs l'annonçaient. On n'osait trop y croire. C'est maintenant confirmé : c'est bel et bien la fin de l'année scolaire.

Ouais, je sais, l'image est moche mais si vous voulez m'offrir un scanner, donations are welcome ! Bon c'est pas une grande nouvelle en soi, mais ça fait toujours plaisir : "We are pleased to inform you that the Internation Exchange Committee has admitted you to join the 2007-2008 Short-term Exchange Program (Maple Pogram). (...) We look forward to seeing you in Osaka in October." Ahhh je kiffe la dernière phrase ^^
Et puis bonne mauvaise nouvelle, j'ai une (seule) matière à rattraper, youhou ! C'est un oral avec l'un des pires profs de l'IEP, moins youhou.
Autre satisfaction personnelle, en marge de la -petite- vague bleue, Sylvie Noachovitch et Arno Klarsfeld ont pris une râclée dimanche au 2e tour des législatives. Noachovitch je ne la présente plus, hein. Arno Klarsfeld, c'est ça. Un petit quote de sa défaite : "d'un dimanche à l'autre, euh, le vent souffle dans un sens différent... ...un jour il fait beau, un jour il pleut... euh... il a plu." Ouais, en effet il s'est pris un peu plus qu'un verre d'eau sur la gueule, le Nono. Ah et Donnedieu de Vabres aussi s'est vautré, bien fait.
...yoyo was right, Elixie svachement bien.
03:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : osaka, rattrapage, nono
31.05.2007
Who the hell is Stuntman Mike ?

Et dire que j'étais sceptique. J'ai même *hésité* à y aller... la faute à tout le mal qu'on en a dit à Cannes et dans la presse. Conneries, "Death Proof" est excellent ! Tarantino ne s'est pas foulé, et alors ? Le talent est sur l'écran. Les dialogues sont toujours aussi bons, la BO bien choisie, et les acteurs (actrices ici surtout) rayonnants. On sort de la salle avec le sourire jusque là, le reste on s'en cogne. Tant pis s'ils ont niqué le concept de Grindhouse en séparant les 2 films et en évinçant au passage les fausses bandes-annonces, tant pis s'ils l'ont remonté, tant pis si le titre français craint un max.
A signaler que j'ai enfin presque convaincu yoyo de m'accompagner au Zénith le 7.7.7 voir les Chemical Brothers. Tant que j'y suis, leur dernier album "We Are The Night" sauve les meubles : ouf. De toute façon, en live c'est la folie.
A part ça, la fille de l'IEP qui part avec moi à Osaka (now to be refered to as Clémence) m'a contacté. Visiblement elle est aussi à l'ouest que moi sur les démarches, ça fait plaisir. More info coming soon.
Et puis terminons avec LA question que tout le monde se pose. C'est vrai qu'avec ce temps pourri...
"-Billboard !
-Woohooo !"
05:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tarantino, zénith, Osaka






