07.12.2007

Face to Fest

Bon d'accord, je n'étais pas vraiment allé faire du tourisme à Kobe. Et de fait, si on a dû traverser une bonne partie de la ville pour rejoindre le World Kinen Hall, je n'en ai sûrement pas vu grand chose. Ce que j'ai bien vu en revanche c'est le show impressionnant des Daft Punk... !

Dès 14h Adrien, Mathieu et moi nous dirigeons vers Kobe. 1h30 et 620 Yen plus tard, nous y sommes. Ne sachant pas précisément où se trouve la salle de concert, on galère un peu avant de finir par s'adresser au Koban le plus proche : une ces nombreuses petites "police box" qui, bien plus qu'à combattre le crime, servent à trouver son chemin dans le labyrinthe que constitue toute grande ville japonaise. Une bonne heure de marche nous conduit au centre de Port Island. L'occasion de voir un peu la mer et de constater que Kobe est bel et bien avant tout un immense port.

Là, le World Hall se dresse enfin devant nous, sorte de grand dôme / bunker (au choix). Il reste plus d'une heure avant l'ouverture supposée des portes, mais la file d'attente est déjà longue. Prenons notre mal en patience. Après quoi nous devons mettre nos affaires (sac, veste, pull...) dans un grand sac plastique transparent pour pouvoir les donner au vestiaire. Puis nous entrons enfin dans la salle.

A l'intérieur, c'est Bercy. Enfin avec deux tiers de sièges en moins sur les côtés, ok. Mais la fosse est immense, et sera remplie. Dans la foule, on dénombre beaucoup d'autres gaijins (j'ai même parlé 2 minutes avec un type installé au Japon, qui venait de Lille).

Et puis, peut-être parce qu'on est au Japon, peut-être parce qu'il y avait du monde à l'affiche, à 19h précises le spectacle commence. Car certes tout le monde était venu pour voir Daft Punk, mais le nom exact de l'événement est "Dafunkfest", avec "fest" pour festival. Le premier groupe s'élance : Cazals, rock anglais très chouette, que je connaissais un peu par hasard grâce à une compil' Kitsune (vol. 2). Très présents sur scène, musicalement efficaces, et en plus ils reviendront pour nous taper dans les mains durant la fin du concert des Daft Punk.

Jusque là, c'était vraiment calme. Peut-être le public japonais était-il plus discipliné que le public occidental ? Ca paraissait plausible, surtout à en juger par la fille en fauteuil roulant qui était à côté de moi... et sur laquelle je manquerais ensuite de tomber à plusieurs reprises.

Mais non, arrivent alors les Boom Boom Satellites, groupe de rock japonais à grosses guitares électriques en V. C'était pas terrible mais ça a bien remué le public, sûrement parce qu'ils sont connus ici. En m'accrochant j'ai quand même réussi à gagner 2-3 rangs dans les mouvements de foule.

Après quoi le rideau tombe sur la scène principale pour permettre l'installation du décor des Daft Punk. Et ce sont Kavinsky et SebastiAn qui prennent le relai sur le côté gauche de la scène. Leur mix se défend bien mais les 2 DJs ne peuvent faire oublier indéfiniment la suite...

La pyramide et ses 2 robots apparaissent enfin. "Human" / "Robot", répète alternativement et de plus en plus vite la voix vocodée. Et c'est parti pour 1h20 des Daft Punk. Show visuel très impressionnant, chaque élement du décor lumineux intervient progressivement et est utilisé au mieux, maîtrise totale du sujet. Côté musique rien à dire, on connait toutes les chansons, elles font leur travail, on bouge, et en plus elles sont intelligemment mixées pour faire hurler la foule. J'ai la chance d'être relativement calé tout à l'avant de la fosse (à peine 3 ou 4 rangées de personnes devant moi) et de ne pas être trop affecté par les multiples vagues d'hystérie collective. Ce qui ne m'empêche pas de manger régulièrement les cheveux de mon voisin de devant pour peu que j'oublie de lever le menton. Je sortirai un peu cassé en deux, ayant bien transpiré, mais content !

Ah et je dois quand même te parler du rappel assez époustouflant dont nous avons été gratifiés : à leur retour sur scène, les Daft Punk avaient quelque peu changé de costume... puisqu'après un bel effet de mise en scène, ils ont éteint toute lumière, pour ne laisser voir que des bandes luminescentes oranges qui couraient partout sur leur casque et leur combinaison. Le résultat était juste énorme, on avait l'impression de voir non plus des "robots" mais bel et bien des personnages animés, comme dessinés en 2 dimensions. Saisissant.

Voilà, je les avais ratés à Paris, je tiens maintenant ma revanche ^^

...bon et sinon t'as plein de vidéos du concert sur YouTube.