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24.04.2008

Get myself high

Là-haut, dans la montagne, se trouve le Koya-san. Situé dans la préfecture de Wakayama (sud du Kansai et donc au sud d'Osaka), ce grand plateau boisé a pour particularité d'être le berceau du bouddhisme Shingon. De ce fait, il abrite naturellement quantité de temples. Temples qui eux abritent parfois... des touristes !

C'était là le principal but de l'excursion : aller passer la nuit dans un temple bouddhiste. C'est pas donné (compter 10,000 Yen soit 60€ par personne), mais on peut pas dire qu'on fasse ça tous les jours. Et crois-moi j'ai pas été déçu.

L'accueil par les moines est globalement chaleureux. Tu ne vas pas réellement habiter avec eux non plus, mais ta chambre est tout ce qu'il y a de plus traditionnelle et soignée, et tu vas manger végétarien comme tes hôtes, pour l'expérience. Le repas qu'on t'apporte est donc un objet de curiosité... comme toujours, beaucoup de plats différents en petite portion... des choses connues, mais aussi des trucs (très) louches ! Dîner ludique, à défaut d'être gastronomique ^^

Détour par le bain, puis je trouve refuge sous la couette... car l'isolation thermique n'est pour ainsi dire pas le fort des temples. Or on est début avril, en altitude, et il n'y a bien sûr pas de chauffage central ! Alors j'exagère un peu, tu as quand  même deux bouillottes électriques sur le futon et un chauffage d'appoint. J'arrête de me plaindre et je rencontre le sommeil sans plus attendre, parce que... ...parce qu'il est subitement déjà 6 heures du matin quand mon réveil sonne ! Direction la salle de prière, pour assister à l'office du matin : la vie monastique, c'est pas un truc de feignasse.

Et là, c'est l'extase mystique ou presque. Je pénètre dans une pièce sombre, où l'on me fait asseoir derrière un petit autel. Comme je l'avais pressenti, je suis le seul hôte du temple. Seul avec 3 moines, pour cette prière. On me demande d'accomplir un petit rituel à base d'encens. Puis les moines, assis devant moi et me tournant le dos, commencent à réciter les prières. Leur voix au timbre étrangement rauque m'hypnotise totalement. La récitation est rythmée par une sorte de cloche au son long et rond, que le moine au centre frappe de temps à autres.  Mon corps tout entier résonne, divinement. Au fond de la salle, des lanternes disposées en quinconce. Un peu partout sur la table centrale, des bibelots, des offrandes. Des statues de Bouddha dans les alcôves. Le cadre est ma-gni-fi-que, l'ambiance magique. Wah. Ca pourrait durer la journée, je ne m'en lasserais pas. Mais non, cela ne prend que 30 minutes. Tant pis.

Finalement vient le petit déjeûner (un peu moins expérimental, mais tout de même) et le moment de quitter le temple, pour visiter le site proprement dit. Beaucoup d'autres temples, d'autres très beaux temples même. Surtout le soir venu, quand ils sont tout de lanternes vêtus. Mais *le* lieu à ne pas manquer, c'est le gigantesque mausolée dans la forêt, l'Okuno-in. Au petit matin, par un grand beau temps, se promener au milieu de ces tombes (plusieurs fois centenaires pour certaines), c'est absolument saisissant.

M'est avis qu'il y a pire endroit pour prier comme pour reposer : les habitants sont assurément en paix.

...et retour à une vie plus terre-à-terre sans doute, au prochain épisode ^^












16.04.2008

Un cerisier a fait le printemps

Les plus belles fleurs sont sans doute les plus éphémères : celles des cerisiers envahissent ainsi chaque année le Japon début avril, pour une à deux semaines maximum. D'abord dans le sud de l'archipel, au climat plus chaud, puis dans le nord, les cerisiers nippons fleurissent. Cette année dans le Kansai, la période de pleine floraison s'étendait du 1er au 10 avril environ. Et dire que c'en est déjà presque fini des sakura ! Florilège rétrospectif de... fleurs. Pour toi, lecteur.

Les cerisiers en fleurs font partie de ces nombreuses images que renvoie le Japon. Au même titre que le rougissement des érables, c'est une fierté nationale, et bien plus encore, un phénomène de société. Car rien ni personne n'échappe à l'ouragan sakura, qui s'abat chaque printemps sur tout le territoire nippon et son peuple sans défense. De la décoration des magasins (fleurs en plastique) aux émissions de jeux télévisés, en passant par un parfum de glace dédié, c'est petites fleurs à tous les étages.

Mais LA grande tradition de saison, c'est d'aller faire hanami. Littéralement "regarder les fleurs". Ca tombe un peu sous le sens tu me diras, sauf que le hanami en fait c'est surtout un grand picnic en famille ou entre amis, si possible sous un cerisier ou pas trop loin, même si celui-ci n'est finalement qu'un prétexte à un peu de convivialité. Voire plus si affinités, le hanami étant officieusement connu pour faire la part belle au bourrage de gueule. Chut.

En même temps que les sakura, ce sont donc aussi les grandes bâches en plastique bleu qui fleurissent sur les pelouses. Y avait pas de raison, j'en ai profité comme tout le monde, y compris pour aller me promener le long du chemin de la philosophie, à Kyoto. Il fallait juste savoir éviter le dimanche, jour d'affluence pour le moins déraisonnable dans les parcs, où trouver un bout d'herbe pour s'installer requiert au moins une intervention divine. De toute façon on trouve des cerisiers rigoureusement partout, c'est presque un arbre sur deux par endroits, quand on n'a pas fait exprès de ne planter que ça le long de certaines allées. Le pays se couvre de blanc. Un blanc qui tire légèrement sur le rose, mais un blanc quand même. Une neige printanière, suspendue quelques jours dans les airs.

Je ne vais pas trop m'étendre parce que je suppose que les photos te parleront, et que tu en arriveras facilement à la seule conclusion possible, à savoir que c'est vraiment beau, très beau. Ouais. T'as vu, j'aurais pu dire "ça déchire le fondement, sa race !", mais non je suis resté sobre.

Sache quand même que les cerisiers du Japon ne donnent pas de vraies cerises comme celles que nous consommons généralement. Sinon, nul doute que le pays serait premier exportateur mondial. Dommage, j'aurais bien fait quelques récoltes sur les arbres du campus ^^

...et la prochaine fois, je te parlerai du Koya-san. Préviens ta mère, tu vas devenir bouddhiste.











08.04.2008

Figures imposées

Cette fois c'est promis, c'est la rupture. Je ne vais pas te faire le coup du Japon paumé, conservé dans du formol à l'abris des regards (forcément indiscrets) des étrangers. Car les derniers jours de mars maman était de la fête, alors fin du programme libre ! C'était tourisme de masse, avec les incontournables... mais ce ne fut pas inintéressant pour autant ! Direction Kyoto et Hiroshima.

Kyoto ça tombait bien, je devais y retourner depuis longtemps. D'abord passage au Sanjusangendo, grand temple bouddhiste. Un joli jardin, un beau bâtiment, d'accord. La surprise est à l'intérieur : 1001 statues de Kannon. Le spectacle est saisissant. Rends-toi compte *ici*, car l'humble visiteur que je suis n'avait pas le droit de prendre de photo.

Visite ensuite du Kiyomizudera, autre célébrité parmi les monuments kyotoïtes. Sa "terrasse" domine en partie Kyoto. Pas grand commentaire à faire, c'est touristique mais ça reste très beau ! Et puis détour encore par le Nanzenji (et son pittoresque aqueduc) ainsi que le Eikando, avant de se promener tranquillement dans des rues moins arpentées.

La nuit passe, le trajet en Shinkansen aussi. Nous voici à Hiroshima. Je t'avoue qu'après Nagasaki, j'avais le sentiment d'avoir déjà donné côté bombe atomique, alors j'étais pas trop dans l'ambiance. D'ailleurs on est passés assez rapidement sur le musée, le dôme, les grues en papier et autres lieux de mémoire. Que veux-tu, on ne peut pas être toujours tout donner pour un rôle.

L'autre grande curiosité touristique d'Hiroshima, c'est l'île de Miyajima. Il y a bien sûr son tori (grand portail en bois des temples shinto), le plus célèbre du Japon et donc le plus photographié / représenté. Sa spécifité ? Il donne l'impression de flotter sur l'eau, sa base étant généralement immergée, au gré des marées. Un peu partout sur l'île tu trouves aussi des daims en liberté, qui n'hésiteront pas à venir manger le plan que tu tiens négligemment dans la main si tu n'y prends pas garde. Au sommet, tu as même des singes (mes amis les singes...). Et crois-moi, si tu ne prends pas le téléphérique, ce sommet il se mérite ! Mais la vue est sublime, on domine tous les alentours.

Et puis il faut signaler qu'Hiroshima est également connue au Japon pour ses huîtres. Alors j'y ai fait honneur en commandant des sushis d'huîtres le soir, à un petit comptoir. Ben c'était pas la plus mauvaise idée de la journée, hein. Avec des huîtres toutes fraîches, à peine sorties d'un bac d'eau de mer... il est possible que ça soit tout simplement ce que j'ai mangé de meilleur dans ce pays, ce qui n'est pas peu dire !

Enfin, je ne pouvais pas ne pas faire passer môman par mon campus et par "ma" ville. L'occasion de faire un brin de shopping, de monter enfin en haut du Umeda Sky Building pour apprécier la vue, et finalement de redécouvrir un peu certains aspects d'Osaka. Ouais, en fait la ville est bien remontée dans mon estime ! ^^

...et bientôt je te dirai tout sur la floraison du cerisier japonais.










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