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28.02.2008
Another day in paradise

Le bus démarre : direction Himeji, à l'ouest de Kobe, et son célèbrissime château. Il n'est même pas 9h. La joyeuse troupe de ryuugakusei a le moral au beau fixe. Temps à peine plus couvert.
A l'arrivée le site a beau être touristique, on est en semaine, donc foule limitée. Croisons néanmoins un groupe de retraités français (et son impressionnant débit de râleries à la minute). Je t'évite la leçon de choses sur le Himeji, sache simplement que si sa fondation date du XIVe siècle c'est un des rares bâtiments historiques que j'ai visités jusqu'à présent qui ait échappé aux tremblements de terre / incendies / bombardements. Ce qui ne l'a pas empêché d'être largement rénové, à la fois parce qu'une structure en bois forcément ça se dégrade, et surtout parce que de toute façon ici il faut s'y faire, les vieilles pierres ne sont nulle part à leur place. Enfin ce qu'on peut dire pour résumer c'est que c'est un bel ensemble, assez impressionnant et massif.
Le parc autour du château est agréable et offre un espace dont il a plus que jamais besoin pour exister au milieu de... la ville japonaise. Car ce qui choque, ou en l'occurrence fascine, c'est encore une fois cette opposition brutale entre les vestiges -même rénovés- d'un mode de vie passé et le bétonnage frénétique qui a abouti au Japon actuel. La vue du dernier étage du château parle d'elle-même : nul doute que si le dernier shogun d'Himeji ressuscitait là-haut, il se rendrait immédiatement au harakiri maru. En attendant, moi ça me plaît. Beaucoup.
*avance rapide* >> Retour à la fac sur le coup de 18h, et presque immédiatement le programme de la soirée commence. Sune a fréquenté un bar, où il a rencontré un type, avec qui il a sympathisé [...], qui lui a proposé il y a quelques jours d'aller dans un onsen... A partir de là je ne sais pas trop à quoi m'attendre, ça sent le plan merdique. Tant pis, nous partons tous les deux. Retrouvons le type en question, qui (soulagement) m'est d'emblée sympathique. 5 minutes de taxi à ses frais plus tard, nous grimpons les marches d'un mini-centre commercial, et arrivons à l'entrée du onsen.
Rappel : le mot "onsen" t'es familier si tu te souviens de mon séjour dans un ryokan (hurray pour le web 2.0, je me suis auto-linké), où j'avais déjà expérimenté les bienfaits du bain public nippon. Sauf que dans le ryokan en question on était entre étudiants uniquement, ou presque. Là, c'était the next level, le vrai test : le onsen des Japonais. Le vrai de vrai, celui de monsieur tout le monde, celui surtout où tu sais que tu vas faire tâche. Parce qu'autant je commençais à m'habituer à être régulièrement le seul non-bridé du coin -et à l'apprécier-, autant quand tu te dis que cette fois-ci tu seras littéralement à poils, ça semble légèrement différent...
...et puis en fait ça ne l'était pas ! Parce que, situation oblige mais sans pudibonderie outrancière, on évite de dévisager les inconnus et/ou de leur fixer le dessous de la ceinture. Alors non, ne me demande pas si les rumeurs sur la tu-sais-quelle-caractéristique du tu-sais-quoi des Japonais est fondée, je n'en sais rien (MEME SI TOUT LE MONDE DIT QUE C'EST VRAI, hein) et j'avais autre chose à faire que de sortir un double décimètre. D'ailleurs je me demande bien d'où j'aurais pu le sortir vu ma tenue. Ok non évitons de répondre à cette question. *ahem*
Plus sérieusement, ce fut à nouveau une petite heure de bonheur. Au total il devait y avoir une dizaine de bains différents, la majeure partie en extérieur. J'ai tout essayé, y compris le sauna. Et même sur le toit d'un bâtiment au moins aussi connecté avec la nature qu'un hypermarché, on est arrivé à te mettre de la verdure sur tout un pan du décor -bambous inclus-, de la belle pierre brute contre laquelle t'appuyer sur le pourtour des bassins, des jolis auvent en bois çà et là... et aussi 1 ou 2 écrans de télé pour divertir les plus désoeuvrés. Qu'importe dès lors si sous certains angles on distingue nettement la forme et les grosses lumières rouges d'une tour voisine, l'important est de pouvoir y croire. D'être au grand air par zéro degré, dans cette eau qui fume, et d'y être bien. D'y être ensemble, nus, sans distinction... Si l'on trouvait tout Paris à la Samaritaine, j'ai l'intuition que le Japon pourrait bien, lui, résider intégralement dans chaque onsen. Et puis surtout à 700 Yen l'entrée, la question n'est pas de savoir si je vais y retourner, mais quand !
Enfin, l'après-onsen n'a pas démérité. Restaurant de sushis très correct juste à côté. Discussion autant que possible avec l'ami japonais, en jap ultra-boîteux. Et fin de soirée dans un petit bar très cosy à l'entrée à peine signalée et où, comme pour le onsen, je n'aurais jamais osé rentrer sans être accompagné par un autochtone. Un bar d'habitués, où tout n'est que sourire, chaleur humaine, et karaoké. J'ai même chanté du Piaf -il n'y avait que ça en chanson française-, parce que bon il fallait mettre un peu d'exotisme sur le comptoir ^^
...donc ouais, j'ai connu des journées pires.







22:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : himeji, onsen, one fine day







Commentaires
Le japon sous toutes ses coutures (et les Japonais aussi), + jolies photos. Ca, c est du post :p
Ecrit par : nicolas | 29.02.2008
C'est le blog BL le plus dépaysant que je connaisse. Toutes mes félicitations!
Ecrit par : Julien | 01.03.2008
Dépaysement total, photos magnifiques, après le road movie, voici le road text, dans lequel tu nous entraîne dans un monde enchanteresque... Il ne reste plus qu'à apporter ta contribution au guide Michelin des curiosités...
Ecrit par : Juju | 03.03.2008
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