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31.01.2008
Où l'on touche le fond...

Mardi, c'était la déchéance totale.
La fac nous emmenait voir les studios de la Toei, "Eigamura - Kyoto Studio Park". Avec des décors du Japon médiéval, des samurais dans les rues, et des vrais tournages de films / séries. Ca allait être super chouette.
Et puis non, c'était juste lamentable. Déjà, le temps n'aidait pas vraiment. Ensuite, c'était vide : normalement ça devrait être un gros point positif dans ce pays, mais là non, c'était glauque. Et puis c'était assez minuscule, et très franchement j'ai du mal à croire qu'ils tournent vraiment des séries (même locales et à petit budget) dans ces rues et décors : dans les grands bâtiments juste derrière le parc, oui sans doute, mais là non. Y avait foutage de gueule.
Alors à foutage de gueule, foutage de gueule et demi. On a fait des photos débiles, on est allé faire hurler les Coréennes dans la maison hantée, et j'ai investi dans un kodaichi en mousse qui fait pouet-pouet quand on appuie sur le manche. Finalement, le meilleur du parc c'était la partie "Super Hero Land" avec tous les costumes des différentes variantes de Bioman et autres Power Rangers. L'un dans l'autre, on s'est en fait plutôt bien marré ^^
Sinon, puisqu'il était plus ou moins (plutôt moins) question de films, sache que loin d'être à la ramasse, on fait régulièrement des séances ciné dans la salle commune du dorm. Même que j'ai particulièrement apprécié "Sweeney Todd" et "No Country for old men". Mais chut, le piratage est ton ennemi.
Ah et une anecdote gastronomique, avant que je ne te raccroche au nez : j'ai découvert l'autre soir au shokudo la signification profonde du plat appelé "oyakodon" (親子丼). Schématiquement, il s'agit d'un banal bol de riz (~丼) avec des oeufs brouillés et du poulet. Sauf que le premier kanji 親 signifie "parent", et le deuxième 子 "enfant". Mmmh ? C'est en fait très logique : avec de l'oeuf et du poulet, tu manges symboliquement les gosses et leurs vieux en même temps ! Eh ouais. Tu méditeras à loisir sur la puissance poétique nippone... ^^
...en ce qui me concerne, je dirais que c'est plus un coup à finir végétarien.





20:10 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : parc anathème, Bioman, oyakodon
24.01.2008
Struggle against real

Dans le grand aquarium d'Osaka, je m'émerveille. J'ouvre de grands yeux devant le requin baleine, les dauphins, les loutres, les crabes géants... et si ça n'était pas interdit, je voudrais bien toucher les pingouins ! Je me contente d'une peluche, pour la photo.
En classe, la valse des gros flocons blancs de l'autre côté de la fenêtre me fascine. A chaque instant d'inattention de ma part, ils en profitent soudain pour tomber plus dru. Je ne suis pas dupe... mais je ferais mieux d'écouter la leçon : le professeur pourrait me gronder !
Et puis comme je m'ennuie un peu, parfois pour passer le temps je fabrique des monstres en plastique avec tout ce qui traine dans ma chambre, et je les montre à mes copains. Et aussi je leur fais des blagues, à mes copains, en marquant des gros mots sur leur porte avec des pièces de 1 Yen.
Au fond je sais que c'est pas vrai... mais y a des jours où j'ai un peu 10 ans, quand même. Des jours où je pique toute l'eau chaude, où je ne vais pas en cours, et où j'oublie de payer mes factures.
...et ce weekend les lycéens japonais passaient le center-shiken.






08:50 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : aquarium d'Osaka, neige, j'ai 10 ans
17.01.2008
L'épreuve du kabuki

Je l'avais presque oublié. Le kabuki...
Mardi matin. On me confirme que le spectacle a bien lieu le jour-même. Et que que nous devons être devant le théâtre à 16h pétantes, à Namba. Autrement dit, hors de question de récupérer de ma courte nuit dans l'après-midi comme je l'avais prévu. C'est foutu, je sais d'avance que je vais pioncer.
Pourtant je ne peux m'empêcher de nourrir quelques espoirs : on nous a montré des extraits... les costumes, le maquillage, les décors... ça a vraiment l'air intéressant ! Il y a de la musique, quelques danses même... ça ne peut pas être fondamentalement nul.
Mais quand même, je trouve ça curieux que cela commence aussitôt. Quelqu'un fait remarquer qu'il faudrait mieux dîner sur place si jamais on ne rentre pas au campus avant 23h... Pardon ? Et pourquoi on ne rentrerait pas avant une heure pareille ?... Parce que la pièce dure 5 heures ? Ah. D'accord. Je vois ce que c'est.
Je suis un rat de laboratoire coincé au fond d'un piège expérimental chiantissime. Adieu journée.
Parce qu'il faut maintenant que je t'explique ce qu'est *vraiment* le kabuki. Vu de l'extérieur, c'est du théâtre traditionnel japonais, élégant et raffiné, le genre d'images que l'occident aime contempler quand il regarde vers le levant. Vu de l'intérieur, c'est un cauchemar où des hommes costumés en femmes parlant avec un timbre de poule dans un japonais médiéval te prennent en otage, sur fond de pincements de cordes horripilants de monotonie, et de cris glauques poussés à intervalles réguliers depuis le fond de la salle.
Comme, sauf accident, il ne se passe absolument rien sur scène, très rapidement tu te dis que le mieux à faire, c'est encore de dormir. Et tu as raison. Mais attention ! Parce que tu vas très vite t'apercevoir qu'il y a un type qui intervient à peu près tous les quarts d'heure et dont la fonction unique et spécifique est de s'asseoir dans un coin de la scène pour taper par terre comme un sourd avec 2 briques. L'ennui, c'est que toi tu ne l'es pas, sourd. Et on ne me fera pas avaler que ce type est là pour autre chose que pour réveiller en sursaut ceux qui ont osé piquer du nez. Ce gars-là est le concombre masqué du kabuki, et il en veut à ton sommeil. Crains-le.
Je te passe les autres détails pour éviter de t'endormir à mon tour, mais voilà, c'était le kabuki. Content quand même d'avoir vu ce que c'était, mais vraiment pas fâché que ça soit fini. Tu savais d'avance que tu ne comprendrais rien aux dialogues alors tu espérais au moins te rattraper sur la symbolique, les codes, ou tout bêtement sur le spectacle. Naïf que tu étais. Et il parait que le nô c'est pire : eh ben j'irai pas. Ah et désolé, tu n'auras pas de photo autre que l'affiche, puisqu'il était strictement interdit d'en prendre ^^
A part ça, à l'heure où je t'écris il neige à petits flocons. Mieux : vu de ma fenêtre, il neige vers le haut. C'est vrai que parfois on marche un peu sur la tête, dans ce pays.
...et j'ai fini les 2 saisons de "Dexter", sniff.
09:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : kabuki, monotonie, premiers flocons
12.01.2008
Dans le port d'Osaka...

...y a sans doute des marins qui chantent. M'enfin personnellement j'en n'ai pas vu. En fait, c'était surtout l'occasion d'une petite balade pour voir la mer, si loin et pourtant si proche. Je n'ai certes parcouru qu'une infime portion du front de mer de la ville, mais je t'ai rapporté quelques photos. Au passage j'en ai profité pour monter en haut du "World Trade Center" local, deuxième bâtiment le plus haut du Japon. Ca ne vaut pas la skyline de Tokyo, mais tu apprécieras la vue ^^
Et c'est à peu près tout pour cette semaine, parce que les cours ont repris et que de toute façon quand on revient de la capitale, la vie quotidienne est forcément un peu moins exaltante.
A noter quand même qu'on a essayé hier soir la Wii (note pour les nuls : dernière console Nintendo) que l'Anglais a achetée récemment à Den-Den Town. Des mini-jeux les plus cons à la simulation de tennis en passant par le revival Super Mario Bros 3, on y a passé la soirée et même un peu plus. Y a pas à dire, on a vraiment bien rigolé. Moments d'éternité.
...sinon là il est 7h du mat' et je rentre de boîte, saturday night fever style ^^






23:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nautisme, difficile reprise, Wii avec potes
06.01.2008
They say Tokyo is crazy

Tokyo, ou le phénomène urbain japonais à son paroxysme. Quand Osaka impressionne, Tokyo fascine. A peine ton bus pénètre-t-il dans la capitale que tu te retrouves sur une de ces gigantesques routes superposées, à zigzaguer entre les immeubles à 20 mètres du sol en pleine nuit. Tu n'as dormi qu'une heure mais ça ne fait rien, tu es là.
Là, à Shinjuku. Dimanche, 5h45. Les dernières ombres se faufilent, vestiges indécents de l'agitation nocturne, avant que les trains ne se remplissent à nouveau à ras bord d'honnêtes travailleurs. Après avoir fixé pendant quelques minutes la grande tour -véritable mur de verre- qui se dresse devant toi, puis marché quelques dizaines de mètres pour prendre le pouls de la ville, tu te décides à chercher ta ligne de métro.
La métropole s'éveille, je voudrais dormir. Hors de question ! Les jours me sont comptés. Mon hôte Thibault plannifie, nous exécutons ^^
Je ne peux malheureusement te détailler tout ce que j'ai vu et fait durant cette semaine tokyoïte, mais essayons d'aller à l'essentiel. Déjà, ce qui frappe d'emblée, hormis le gigantisme ambiant, c'est la dimension vraiment internationale de Tokyo : les gaijins sont partout. A peine avais-je mis un pied dans le métro que ça parlait anglais et même français (!). Etais-je encore au Japon ? Plus que jamais, et la suite me le prouverait.
Pour le 31, rassemblement sur une grande place à Shinjuku pour finalement pas grand chose, puis soirée / nuit dans un izakaya avec d'autres étudiants japonais et internationaux, et à 6h du matin direction le Meiji-jingu... c'est-à-dire le principal temple shinto de Tokyo. Car c'est une tradition japonaise, au début de chaque nouvelle année il faut aller au temple s'attirer les faveurs des divinités au moyen de quelques rites simples et bien sûr de quelques pièces. Fort heureusement à cette heure plus que matinale, il n'y avait pas encore une foule trop importante. Sinon on peut attendre plus d'une heure, comme cela nous est arrivé le surlendemain à un autre temple. Et pour finir, nous avons assisté au lever du soleil sur Omotesando (grande avenue souvent comparée aux Champs Elysées). Tu me diras, au pays du soleil levant, c'était la moindre des choses ^^
Pour le reste, j'ai bien sûr visité au moins partiellement tous les quartiers connus : Shinjuku, Shibuya, Akihabara, Harajuku, Ginza, Nihombashi, Asakusa, Ueno, Marunouchi, Roppongi... et j'en oublie. Or au milieu de tous les grands buildings et de la frénésie urbaine, on trouve des parcs. Je veux dire de vrais parcs, de taille raisonnable. Et des quartiers résidentiels, à taille humaine. Certes on voit toujours au moins 2 ou 3 tours en arrière-plan, mais ce n'est pas vraiment l'image que l'on se fait de Tokyo, et la ville réserve beaucoup de surprises.
D'ailleurs, il faut avouer qu'en cette période du nouvel an la foule tokyoïte n'était pas toujours au rendez-vous, et pour cause : du 31 décembre au 2-3 janvier, beaucoup de magasins sont fermés. C'est peut-être le moment le moins actif de l'année !
Paradoxalement, les soldes d'hiver commençaient dès le 1er janvier. Un petit tour par Shibuya s'imposait. Là, il y avait foule ! Je n'étais pas venu pour faire du shopping mais mon guide ayant besoin d'un manteau, j'en ai moi aussi trouvé un très bien (et soldé à 50%, que demande le peuple !), ainsi que quelques autres petites choses. D'une manière générale, Shibuya c'est vraiment le centre de la mode et de la jeunesse japonaise. Il faut voir tous ces jeans over-troués, ces cheveux en pétard, ces doudounes mauves avec capuche à fourrure... le nombre de fashion victims au mètre carré explose littéralement. L'excessisme est tellement partout que non seulement ça passe, mais en plus ils ont la classe, ces foutus nippons ! Tandis qu'habillé pareil en France on te montrerait du doigt en te pensant échappé de la gay pride... ^^
Et puis bien sûr nous sommes allés profiter du paysage urbain, au 54e étage de la grande tour Mori de Roppongi Hills (un gigantesque centre commercial-ville). Arrivé devant la vue panoramique sur Tokyo -grand format ici- je suis resté figé une bonne trentaine de secondes. Ces lumières, ces tours, cette ville à perte de vue... c'est tout simplement magique.
On ne m'avait pas menti : Tokyo, c'est vraiment fou.
...et demain reprise des cours, grmbl.











16:35 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tokyo, nouvel an, The View






