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17.01.2008

L'épreuve du kabuki

Je l'avais presque oublié. Le kabuki...

Mardi matin. On me confirme que le spectacle a bien lieu le jour-même. Et que que nous devons être devant le théâtre à 16h pétantes, à Namba. Autrement dit, hors de question de récupérer de ma courte nuit dans l'après-midi comme je l'avais prévu. C'est foutu, je sais d'avance que je vais pioncer.

Pourtant je ne peux m'empêcher de nourrir quelques espoirs : on nous a montré des extraits... les costumes, le maquillage, les décors... ça a vraiment l'air intéressant ! Il y a de la musique, quelques danses même... ça ne peut pas être fondamentalement nul.

Mais quand même, je trouve ça curieux que cela commence aussitôt. Quelqu'un fait remarquer qu'il faudrait mieux dîner sur place si jamais on ne rentre pas au campus avant 23h... Pardon ? Et pourquoi on ne rentrerait pas avant une heure pareille ?... Parce que la pièce dure 5 heures ? Ah. D'accord. Je vois ce que c'est.

Je suis un rat de laboratoire coincé au fond d'un piège expérimental chiantissime. Adieu journée.

Parce qu'il faut maintenant que je t'explique ce qu'est *vraiment* le kabuki. Vu de l'extérieur, c'est du théâtre traditionnel japonais, élégant et raffiné, le genre d'images que l'occident aime contempler quand il regarde vers le levant. Vu de l'intérieur, c'est un cauchemar où des hommes costumés en femmes parlant avec un timbre de poule dans un japonais médiéval te prennent en otage, sur fond de pincements de cordes horripilants de monotonie, et de cris glauques poussés à intervalles réguliers depuis le fond de la salle.

Comme, sauf accident, il ne se passe absolument rien sur scène, très rapidement tu te dis que le mieux à faire, c'est encore de dormir. Et tu as raison. Mais attention ! Parce que tu vas très vite t'apercevoir qu'il y a un type qui intervient à peu près tous les quarts d'heure et dont la fonction unique et spécifique est de s'asseoir dans un coin de la scène pour taper par terre comme un sourd avec 2 briques. L'ennui, c'est que toi tu ne l'es pas, sourd. Et on ne me fera pas avaler que ce type est là pour autre chose que pour réveiller en sursaut ceux qui ont osé piquer du nez. Ce gars-là est le concombre masqué du kabuki, et il en veut à ton sommeil. Crains-le.

Je te passe les autres détails pour éviter de t'endormir à mon tour, mais voilà, c'était le kabuki. Content quand même d'avoir vu ce que c'était, mais vraiment pas fâché que ça soit fini. Tu savais d'avance que tu ne comprendrais rien aux dialogues alors tu espérais au moins te rattraper sur la symbolique, les codes, ou tout bêtement sur le spectacle. Naïf que tu étais. Et il parait que le c'est pire : eh ben j'irai pas. Ah et désolé, tu n'auras pas de photo autre que l'affiche, puisqu'il était strictement interdit d'en prendre ^^

A part ça, à l'heure où je t'écris il neige à petits flocons. Mieux : vu de ma fenêtre, il neige vers le haut. C'est vrai que parfois on marche un peu sur la tête, dans ce pays.

...et j'ai fini les 2 saisons de "Dexter", sniff.

Commentaires

Qui resiste a l epreuve du kabuki atteint la sagesse absolue.
La question demeure : as-tu resisté, oui ou non, a cette epreuve ultime ?

Ecrit par : nicolas | 21.01.2008

nicolas > haha eh bien non, je ne suis pas kabuki-proof... j'ai pioncé une bonne demi-heure ^^

Ecrit par : arthur | 24.01.2008

Les commentaires sont fermés.