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29.10.2007
Fête de O.U.F.S.

"Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort." (Nietzsche)
Au Japon sans doute plus qu'ailleurs, on a bien conscience que si le ridicule ne tue pas, c'est qu'il doit alors entrer dans cette catégorie des choses qui nous renforcent. Ici, quand il s'agit de faire la fête, on ne se pose semble-t-il plus vraiment de questions d'aucun ordre... peut-être parce qu'on s'en pose trop le reste du temps, et qu'il faut savoir se vider la tête. De fait, tout ignorant de la philosophie allemande qu'il soit, le Japonais parait apprécier l'exposition prolongée au ridicule, qu'il en soit acteur ou spectateur. Je crois que c'est culturel : impossible dans bien des cas de dire si oui ou non le potentiel comique des spectacles est volontaire ^^
Quoiqu'il en soit, c'est efficace ! Et ces 2 jours de fête de la fac furent très plaisants. En plein centre du campus ont défilé sur scène les danseurs et musiciens les plus capillairement oufs et vestimentairement extravagants. Les groupes de danse avaient pour la plupart bien bossé leur chorégraphie et le résultat faisait plaisir à voir. Niveau musique, ça se défendait pas trop mal. Dans les bâtiments d'autres spectacles (flamenco, danse du ventre, musique encore...) prenaient le relai. D'autres activités moins bruyantes comme des expos-photos coexistaient aussi paisiblement. Et on trouvait bien évidemment quantité de stands de bouffe proposant par exemple de l'okonomiyaki, spécialité d'Osaka (for more info, please Google it).
Mais le truc intéressant dans une fac de "Foreign Studies", c'est que les élèves étudient les langues étrangères et tentent donc d'en faire quelque chose. A savoir une pièce de théâtre, puisqu'était présentée dans le grand amphi une pièce dans chacune des langues étudiées sur le campus. Pour rien au monde je n'aurais manqué "La Belle au bois dormant". Et je n'ai pas été déçu : le français des acteurs était dans l'ensemble si mauvais qu'il sonnait à mon oreille comme du japonais, les décors, les costumes, les accessoires étaient d'un "cheap" rarement atteint, et l'interprétation calamiteuse confinait à l'amateurisme absolu...
Pourtant je dois dire que je me suis vraiment bien marré. C'était absolument, purement et simplement n'importe quoi. Thème d'ouverture du "Fantôme de l'opéra" en début de pièce, acteur principal qui sort un téléphone portable venu de nulle part, scène de combat à l'épée au terme de laquelle intervient le jingle de victoire de "Final Fantasy", et moult autres bruitages à la con... Et quand de temps en temps tu comprends par accident une phrase en français, pour une raison inconnue cela en devient encore plus ridicule. La salle était comble, et le spectacle sur-titré en japonais sur chaque côté de la scène : je pense qu'il a fait l'unanimité.
On ne peut en revanche pas en dire autant de la pièce "Moulin Rouge" en anglais. Là encore, on comprenait peut-être une phrase sur dix, mais par contre ça durait le double de temps et c'était chiant à mourir malgré les passages (affreusement mal) chantés. Le pire, c'est qu'on sentait qu'il y avait un effort de mise en scène derrière. Atterrant. Sur une échelle de 0 à 10, cette pièce passait dans le négatif. Si au moins elle avait pu être ridicule... ^^
Sans transition, section "vie animale" pour finir. J'ai croisé mon premier vrai "mukade" (scolopendre) avant-hier soir dans la salle commune. Long d'une bonne dizaine de centimètres, le centipède a fini écrasé sous ma tong. Bon, c'était moyennement impressionnant, mais ils sont bien là quoi. Et puis hier soir on a aussi vu un furet -pas du Nord- passer juste derrière la baie vitrée de cette même salle. Je crois que ça se confirme : on est à la campagne.
...n'empêche, j'attends toujours de croiser mon premier serpent nippon.







08:55 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : festival, danse du ventre, vrai-faux ridicule
25.10.2007
Food for thought

Barquette de gauche : 8 sushis, 6 makis. Vas-y, dis un prix ? ...perdu ! 299 Yen le tout, soit à peine 2€. Et crois-moi, ça fait déjà un bon repas... en plus ils sont vraiment pas mauvais ! Oui je sais, tu me hais ^^ Le bon plan ? Ma dernière découverte supermarchéique, à savoir la 2e grande surface située au nord de la fac, mais au sous-sol du Garden Mall. En fin de journée les sushis et autres "bentos" (mini-plateaux repas frais) sont à moitié prix, parce qu'évidemment ils se périment le soir même. Alors certes, quand il fera vraiment froid cet hiver et qu'on aura eu une longue journée de cours, je ne suis pas certain qu'on veuille se taper les 20 minutes de trajet aller-retour à chaque fois. N'empêche que même avec la distance et au prix normal, ça reste très chouette !
Sinon les boules blanches et oranges que tu vois dans la boîte a côté, c'est ce qu'on a pris pour le dessert, avec Malte (l'Allemand)... et euh c'est très bizarre. C'est un genre de pâte farineuse, qui colle un peu dans la bouche... c'est très mou, t'as l'impression que tu pourrais faire des bulles de chewing-gum avec (sauf que tu peux pas, j'ai essayé et je te le conseille pas). C'est pas mauvais, c'est même plutôt bon... mais c'est curieux. Je suis incapable d'expliquer mieux, désolé ^^
Bon tout ça pour dire que c'était la première fois que je mangeais des sushis depuis mon arrivée au Japon. Voilà. Un mythe est mort : je le dis haut et fort, comme le nom de mon hébergeur l'indique, on peut vivre au Japon près d'un mois sans manger de sushis ! Ce n'est pas l'unique plat japonais, loin s'en faut.
Et puis aujourd'hui était définitivement le jour de la bouffe, puisque ce midi s'est tenue la "Welcome Party" pour les étudiants étrangers. Qui consistait pour moitié en une litanie de discours barbants presque entièrement en japonais, cela avant de... se ruer sur le buffet. Et il n'y en eut pas pour tout le monde, puisque je n'ai pu approcher ni les sushis ni les petits fours (dont les Coréennes se sont gavées, tsss). Mais les soba, la viande, les makis, les poulpes frits, les mini-sandwichs et le poisson m'ont déjà bien rempli la panse ^^
Puisqu'on est dans la nourriture et les grandes surfaces, un mot sur les fruits. Tu le sais peut-être déjà, comme beaucoup de choses au Japon, les fruits sont en grande partie importés, et ça les rend parfois très chers. Mais là où c'est un peu bizarre pour un occidental, c'est quand tu vois que *tous* les fruits sont emballés et vendus par packs de 3-4 minimum... sauf précisément certains, comme par exemple les melons. Car ici un melon peut coûter 15€. Oui oui, c'est un luxe, et pour cause : ils sont eux aussi bien emballés dans une sorte de filet en papier et ne sont pas destinés à la consommation courante mais à offrir. Si par exemple tu as un proche à l'hôpital, tu pourras lui offrir un melon. Tu t'en fous sûrement, mais je trouvais ça intéressant.
Oh et puisqu'on est maintenant dans les trucs dont tu te fous : un prof nous racontait qu'au Japon à la Saint-Valentin, les filles sont censées offrir des chocolats aux garçons (je te passe les détails), et qu'un mois plus tard, le 14 mars donc, c'est au tour des garçons de répondre en offrant quelque chose. Or à une certaine époque (qui remonte à la jeunesse du-dit prof, y a peut-être bien 20-25 ans), la mode était aux cadeaux pour le moins... originaux. A savoir, de la lingerie. Mais c'est bien connu, le Nippon est d'une timidité maladive. Aussi, pour que chacun puisse acheter sans rougir sa pièce de lingerie à offrir, il existait à cette époque... des distributeurs automatiques de sous-vêtements féminins ! Bon, le prof avoue lui-même qu'il ne sait pas si c'était fréquent, mais ça a existé ^^
Enfin, plus prosaïquement, ce week-end c'est la fête de la fac. Avec normalement plein de trucs de prévus : y aura entre autres une pièce de "théâtre" en français, ça promet. D'ici là, quelques photos de bouffe, du buffet, et d'autres plus ou moins en rapport.
...je sais pas toi, mais moi j'ai plus faim.



Les Coréennes prennent la pose pour une photo... je suis déjà fan ^^


Dans la vitrine de nombreux restaurants, on trouve des répliques en cire des plats à la carte. Utile, au moins pour les étrangers !

Les distributeurs de boissons fonctionnent un peu sur le même modèle : tu peux choisir à la tête de la bouteille. J'aime assez.

18:03 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sushis, welcome party, lingerie
21.10.2007
Far from the crowd

Alors voilà : je pensais faire un post à propos du (des) centre(s) d'Osaka, parce que j'ai quand même plein de photos à te montrer. J'aurais parlé de la ville, la vraie. De ces artères surpeuplées aux néons qui clignotent dans tous les sens. De ces endroits fascinants que sont Umeda et surtout Namba, en tant qu'ils représentent la ville japonaise comme nous, occidentaux, nous l'imaginons.
Et puis en fait je ne sais pas si j'ai grand chose à rajouter par rapport à ce que tu as pu lire ailleurs, ou à ce que tu sais déjà intuitivement. Donc je mettrai juste des photos à la fin, et sinon je vais plutôt faire dans l'anecdotique foutraque et sans rapport, parce que tu mérites de mes nouvelles.
Déjà, je pense pouvoir dire (à 2 ou 3 détails) près que nous en avons *enfin* fini avec les formalités -et les formulaires- à la con. Au final on est allés à la mairie s'enregistrer pour obtenir d'ici quelques semaines la "gaijin card", on a lutté pour communiquer avec la vendeuse de portables et en acheter un, on a ouvert un compte en banque et tant mieux parce qu'ici on peut limite retirer nulle part même avec une Visa -believe it or not-, on a passé la visite médicale, on a galéré pour trouver les bons adaptateurs pour les prises électriques, et j'ai même investi dans une Nintendo DS avec comme prétexte une cartouche qui fait dictionnaire électronique de kanjis.
Hier, l'alarme incendie du dorm s'est mise à hurler sur le coup de 19h. Frustrés, Robert (le Suédois) et moi nous sommes résolus à laisser en plan les yaki-soba que nous tentions de cuisiner pour descendre voir ce qu'il se passait. Finalement, c'était juste Clémence qui avait fait cramer du poulet dans sa poêle au 7e. Je crois que les gardiens (et les pompiers, qui ont bien mis 15 mins à arriver) n'étaient pas très contents... au moins, on sait que l'alarme marche ^^
La semaine dernière, on se promenait tranquillement dans Minoh en début d'après-midi quand un flic, soucieux de justifier son salaire, est venu nous demander nos passeports. Heureusement nous étions (à peu près) en règle. Une fille du campus a eu la même expérience désagréable en allant demander un renseignement à un policier : il n'a pas pu l'aider, par contre il a quand même tenu à vérifier son passeport. Mine de rien, je crois qu'ici l'étranger est toujours un peu suspect pour certains.
On a aussi eu quelques échos de la confrontation sportive entre notre fac et Tokyo Gaidai qui a eu lieu sur le campus jeudi dernier. Manque de bol, Tokyo a gagné de peu. Je n'ai pu voir qu'un bout du match de rugby en passant, mais il faut avouer que même le rugby nippon, c'est musclé. Enfin le meilleur, c'était quand même les pom-pom girls qui s'agitaient de chaque côté du terrain ^^
Vendredi il a plu. Et ici quand il pleut, c'est pas pour rire. C'est du 8h-22h non-stop, et crois-moi c'est autre chose que le crachin lillois. Alors vu la taille de ton parapluie et le trou dans tes pompes (déjà moyennement waterproof avant), tu fais pas le malin. Sans compter que ça a causé une mini inondation dans la cuisine qu'il a fallu éponger avec euh, pas grand chose --> la pluie, c'est pas cool.
Bon et puis sinon les cours ont évidemment commencé. Pour l'instant on ne peut pas dire que ça soit dur étant donnée la pédagogie à base essentiellement de répétition de phrases, mais ça dépend des cours et surtout ça va aller crescendo. Quand tu t'aventures dans un cours de Kanjis niveau 2, crois-moi tu sens la différence (Sune, le Danois : "that was just *pure humiliation* " ^^). Ceci dit on est en tout petits groupes, 6 personnes à mon niveau, donc je pense qu'on peut espérer progresser rapidement, surtout en dans le contexte linguistique local !
Après, ce qui est drôle ce sont les différents profs. Sur un peu plus de 20h de cours par semaine (je n'ai pas encore arrêté mes choix définitifs), on n'a pas une seule fois le même prof. Tous sont globalement sympas, mais il y a des nuances. Tu as la prof ultra-pro avec laquelle le cours semble avancer sur des rails si bien huilés qu'il est impossible de l'interrompre, tu as le prof timide, binoclard et encore plus petit que la moyenne japonaise, le prof jeune, stressé, en retard, et affublé d'un insupportable TOC à base d'aspiration d'air bruyante toutes les 10 secondes, ou encore le prof hyper décontracté, en permanence mort de rire et qui se présente en faisant un mini-sketch... Mais tous sans exception te prieront d'excuser leur "broken English", à propos duquel tout Japonais complexe terriblement. Et il faut dire qu'il peut ^^
Depuis hier soir on a une Dreamcast, 3 manettes et autant de jeux sur la télé de la petite salle commune en bas de notre dorm. L'Anglais a acheté la console d'occasion à Den-Den Town pour 4500 Yen (quelquechose comme 30€), une misère même si elle commence à dater. Et ce soir Robert nous a refait une "takoyaki party". Tape "takoyaki" dans Google si tu veux savoir ce que c'est, ça sera sûrement mieux que si je tente de t'expliquer, parce qu'en plus j'ai la flemme, d'abord. Je peux juste te dire que c'est bon !
Ah j'oubliais, si tu veux claquer 2 SMIC en 5 minutes de communication, mon portable c'est le 08061647470. Et je n'ai aucune idée du préfixe du Japon pour les appels depuis l'international, donc débrouille-toi. Sinon, tu peux te contenter de m'écrire des mails à artnancel (at) ezweb.ne.jp, parce que figure-toi que oui je peux lire et envoyer des mails depuis mon téléphone (mais uniquement sur cette adresse).
...m'enfin j'ai pas pris la télé ni internet, faut pas pousser non plus.









17:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : crowd, anecdotes, neon lights
16.10.2007
Passe le message à ton voisin

Ici, les panneaux sont partout. Car comme chacun sait, un Nippon averti en vaut deux, et par les temps qui courent il faut bien trouver une parade au vieillissement endémique de l'archipel. Ou peut-être que je m'égare.
Du plus drôle -ou ridicule- au plus flippant, impossible de louper les fameux panneaux : tous ou presque arborent de petits personnages dessinés, qui contextualisent l'information. Aussi, parce que quelques images valent parfois mieux qu'un long discours, je m'en tiendrai là pour aujourd'hui ! (et aussi parce que les cours viennent de commencer, alors il faut que j'ai l'air overbooké)
Quelques commentaires cependant, si tu me permets...
L'ascenceur, lieu de tous les dangers : 2 panneaux sur la porte. Attention à vos mains, attention à vos clefs ! ^^

La série flippante, dark side of the panneaux : un peu partout et aux abords des squares notamment. Tremblez, on vous veut du mal ! ^^



Pourquoi il ne faut pas se fier au sourire japonais...
[Ca me rappelle cette employée d'Umeda, à qui on demandait l'autre jour si on pouvait avoir une réduction en tant qu'étudiants... et qui nous répondait, le sourire littéralement jusqu'aux oreilles : "No discount."]


Enfin, mon préféré : Mr. Toilet vous parle ! (dans l'auberge du Français qui vit hors campus). Je ne résiste pas à l'envie de vous transcrire le texte :
"Hello... Please help me !! I known I'm a toilet but I'm sick of being covered in shit !! If I look dirty then nobody comes to visit me. So please clean my seat (back & front) and bowl if necessary. I hate to be smelly so if you make me smell please close my lid and open the window, so more people will come and visit me ! Thank you. Looking forward to you coming on visit me again. From Mr. Toilet"

Oui, je sais, encore un article qui finit sur une histoire de toilettes...
...et même pas un panneau pour prévenir des singes fous dans tout ça, tsss.
15:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : panneaux, danger, ridicule
13.10.2007
The Wild.

Tu l'auras deviné, aujourd'hui je vais te parler de la faune japonaise avec laquelle j'ai eu ce qu'on pourrait appeler une rencontre du 3e type. Mais je t'expliquerai plus loin.
Alors évidemment je dois commencer par les araignées. Ca ne s'invente pas, elles -aussi- sont jaunes (et un peu rouges, voire vertes). Je ne sais pas s'il faut s'en méfier particulièrement, mais on en trouve littéralement partout, jusque dans le moindre buisson. Pour un arachnophobe notoire comme moi, c'est pas super rassurant. M'enfin je commence à m'y faire, et y en a même une énorme dans un coin de bâtiment pas loin, qu'on voit tous les jours et à laquelle on a donné un nom... on s'occupe comme on peut.
Plus largement, niveau insectes, on est servis. Des tonnes de papillons, libellules, sauterelles, et nettement plus de mantes religieuses qu'en France où elles sont très rares. Et bien sûr des scolopendres (le fameux "mukade" dont j'ai déjà parlé) bien que je n'en ai pas vu pour l'instant... mais parait-il qu'une fille en a retrouvé un dans son sac. Cool.
Par contre, ici on ne trouve pas pigeons. Il y a bien des oiseaux, plus jolis, qui leur ressemblent, mais non. Le seul endroit où tu trouveras des pigeons, je te le donne en mille : l'animalerie. Oui oui, le bon vieux pigeon parisien qui chie partout, ici il se vend, semble-t-il... et je suppose donc qu'il s'achète. Peut-être un filon pour l'export. Là encore, j'ai pris une photo pour le prouver. Parce que bon, je pourrais aussi dire n'importe quoi sur le Japon vu que tu ne viendras sans doute jamais vérifier, mais avoue que ça serait moins drôle.
Et cet après-midi, Clémence et moi avons entrepris de trouver un chemin dans la montagne / forêt, et si possible vers une chute d'eau située dans les environs. On a galéré un moment, trouvé des coins sympas avec des bambous géants, avant enfin, derrière un temple, de trouver un chemin qui semblait aller réellement dans la forêt.
Un type joue du saxophone, juste là où l'asphalte s'arrête, comme pour s'adresser à la forêt. Jazzy.
[ici débute l'anecdote tant attendue (ou pas)]
Le chemin commence immédiatement à monter de façon assez abrupte... étroit, il est à l'évidence peu emprunté, et s'enfonce rapidement dans une forêt touffue. Je réalise rapidement à la piètre qualité du sol que j'ai un trou dans la semelle de mes vieilles chaussures. Tous les 10 mètres, une toile d'araignée à hauteur d'homme barre la route : on passe en-dessous quand on ne se la prend pas carrément dans la tronche. Les Japonais sont nains, d'accord, n'empêche qu'ils doivent vraiment pas venir souvent par ici.
On continue de monter et d'avancer. Une bonne trentaine de minutes s'écoule. Le chemin est mauvais, parfois raide. On n'a aucune idée d'où il peut bien mener, et slalomer entre les toiles des monstres à 8 pattes est fatiguant. La forêt est vraiment fournie et on n'a pas le moindre point de vue digne de ce nom, ce qui aurait pu au moins constituer une petite satisfaction étant donné notre effort.
Finalement, on s'arrête et on décide de rebrousser chemin car la nuit va tomber. Or à ce moment précis, je l'aperçois malgré son pelage qui le camoufle naturellement. Là, juste en face de nous, assis au bord du chemin qui continue, un singe. Un genre de babouin au visage rouge, attribut typique des singes japonais. La voilà, l'inattendue récompense de notre périple ! Je le montre à Clémence qui peine quelques instants à l'apercevoir. Je dégaine mon appareil photo et prends quelques clichés hélas flous, à cause de la distance et du manque de lumière. Je m'approche doucement pour ne pas l'effrayer. Et puis il quitte le chemin, et s'en va dans la pente qui descend. Je prends un dernier cliché (un peu moins mauvais). Il va bientôt faire nuit et nous devons rentrer.
Et c'est évidemment là, sans prévenir, que le singe pète un câble et nous fonce dessus en hurlant. Il arrive à mes pieds et montre les dents en s'agitant. J'ai le trouillomètre à zéro et Clémence aussi, ce truc fait la taille d'un très gros petit chien et je n'ai aucune idée de ce dont il est capable. On essaye de rester calmes et de faire mine de s'en aller tranquillement. Il nous barre la route, va de l'un vers l'autre, montre toujours les dents en gesticulant et en criant.
Je n'ose plus bouger pendant que le singe s'excite à mes pieds, et que je me demande s'il va me mordre la jambe ou me grimper dessus et viser ailleurs. Pourtant, il y a pire. Car à ce moment-là Clémence me signale que 2 autres singes se trouvent pile au-dessus de moi dans l'arbre. Je ne veux même pas lever la tête tellement j'ai la frousse et tente de rester stoïque, mais je constate cependant qu'un genre de pelure de fruit vient de s'abattre à mes pieds, et qu'elle doit donc dire vrai. Un instant plus tard je vois effectivement 2 singes passer derrière Clémence, sans savoir s'il s'agit des mêmes. Psychose totale dans ma tête : on est encerclés par des singes hostiles à 1/2 heure de la civilisation, on va crever ou pas loin.
Et puis, par je ne sais quel miracle, peut-être grâce à notre formidable self-control et à mes souvenirs de documentaires animaliers sur comment réagir face à un gorille (on ne se moque pas !), le singe fou finit par se calmer un peu et nous laisser tranquilles. Nous n'osons toujours pas bouger, tandis qu'il s'éloigne... évidemment en empruntant le chemin qui doit nous ramener chez nous. On attend encore quelques longues minutes qu'il daigne nous ouvrir le passage et nous repartons sans tarder, non sans l'apercevoir à nouveau un peu plus loin pour quelques frissons supplémentaires. 30 minutes plus tard, retour à la route, puis bientôt à la fac.
Voilà. Ca, c'est de l'aventure ! Tavu ? Promis, je ne retournerai plus jamais dans la forêt par ce genre de chemin paumés ! Photos à suivre.
...et j'ai encore des toiles d'araignées dans les cheveux ^^




16:40 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : araignées, forêt, killer monkey
12.10.2007
My campus is fantastic

Il fallait bien qu'un jour ou l'autre je te présente mon nouveau chez moi : c'est maintenant.
Alors déjà situons un peu Minoh, la commune où est installée la fac. Parce que certes on fait partie d'Osaka University et on est dans une certaine mesure à Osaka, mais comme je te l'ai déjà dit, la "vraie" ville est nettement plus au Sud. En fait, Minoh c'est sans doute la banlieue la plus septentrionale d'Osaka. C'est simple, plus au Nord il y a la forêt et les montagnes. Pas bien hautes et truffées de pilones électriques un peu disgrâcieux, mais les montagnes quand même.
Et la fac est elle-même perchée en haut d'une colline, quasi adossée à la forêt. Ca a l'air chouette dit comme ça, et je dois admettre que ça l'est. Ouais, le cadre est sympa. Sauf quand tu veux sortir du campus, évidemment. C'est-à-dire souvent. Et que par exemple tu remontes du supermarché un peu chargé, là je peux te dire que tu sens le dénivelé dans les mollets.
Pour faire les courses justement, plusieurs solutions : 1/ le mini-magasin d'alimentation dans la cafétéria, à côté duquel il y a un autre petit magasin qui fait le reste (livres, papeterie, etc.)... mais c'est un peu en cas d'urgence 2/ le combini "Seven-Eleven", pas bien grand non plus mais ouvert tout le temps je crois, ou bien le "Fresh food market" à peine plus loin : problème, ils sont à 15 minutes et surtout *en bas* de la colline 3/ le "Garden Mall" et le "Speedo" adjacent (qui inclut un 2e étage "tout à 100 Yen") : sans doute le meilleur choix, car accessibles en 10 minutes par l'unique petit chemin qui descend de façon pas trop pénible *derrière* la fac depuis la porte Nord, à travers une zone en construction, et juste à côté de notre dortoir.
Pour manger, là encore différentes stratégies sont envisageables : 1/ se faire à bouffer dans le dorm... c'est rigolo, ça peut être bon (ou tu peux aussi mourir intoxiqué si t'as fait tes courses un peu trop au hasard), mais ça reste moyen pratique vu qu'on est 6 sur 2 malheureuses plaques 2/ descendre au Dormitory Building principal et avoir le choix entre 6-7 plats très corrects autour de 400 Yen avec thé chaud ou froid à volonté (quand je te dis qu'ici on bouffe pour pas cher), ma préférence allant généralement pour les plats "-don", à savoir un grand bol avec riz + viande + autre chose 3/ descendre en bas du campus dans la "vraie" cafétéria, qui aurait 2 étages d'ailleurs, mais ça on n'a pas encore vraiment pratiqué. Sinon il y a aussi la solution d'urgence 4/ aller acheter un pot de "Cup Noodles" à 160 Yen (1€ ! et encore t'en trouves à moins de 100 Yen dans certaines supermarchés) au distributeur à 50 mètres du dorm, faire bouillir de l'eau, verser dans le pot, attendre 5 minutes, and voilà tu peux déguster tes "raamen" (nouilles + soupe), qui cependant n'ont pas beaucoup de goût, il faut bien le dire, même si au Curry c'est plutôt bon en fait.
Quelques mots sur le campus en lui-même : une vingtaine de bâtiments, 3 dortoirs pour les étudiants étrangers, le nôtre étant relativement à l'écart quand même. Plus bas, les 3 bâtiments principaux pour les étudiants japonais forment un U au centre duquel on capte donc pour l'instant un semblant de wifi en amenant nos PC. Et ce U ouvre sur une escalier descendant directement à la cafétéria. Sinon il y a quelques équipements sportifs dont un grand terrain central en terre dont j'ai déjà parlé, où on voit toujours des Japonais s'entraîner, que ça soit au baseball, au rugby, au soccer, au lancer de javelot, ou simplement à la course à pied. Et puis un autre grand bâtiment à mi-chemin entre mon dortoir et le "U", appelé CJLC : "Center for Japanese Language and Culture", soit là où on aura 90% de nos cours.
Enfin, permets-moi de me recentrer un peu sur mon dortoir et ma chambre. Mon bâtiment est donc un peu le "dortoir perdu" du campus, mais ça va je le vis bien. Il y a 7 étages avec 6 chambres sur chaque, et à chaque étage un coin cuisine, 2 douches, un lave-linge (première utilisation sous peu) et un sèche-linge. N'étant qu'au 2e étage (enfin 1er étage, ils comptent comme les Américains) j'ai une vue sur euh, des arbres, mais à partir du 4e les chambres donnent soit sur les collines et la forêt au loin, soit sur la ville encore plus au loin, selon le côté du bâtiment. Ma chambre en elle-même doit faire 8 m², avec des rangements assez nombreux, un bureau pas trop mal fichu, un lit un peu dur pour lequel j'ai changé l'oreiller (il était minuscule et rempli d'espèce de boules bizarres, je crois que tout le monde veut en changer), et un coin toilettes / lavabo.
Un mot quand même sur les toilettes, parce que le dépaysement est parfois là où on l'attend le moins, et pour te montrer que les Japonais sont très perfectionnistes. Que peut-il y avoir de si intéressant à découvrir sur des WC ? Eh bien la chasse d'eau est conçue de façon à ce que l'eau qui la remplit passe d'abord par un petit robinet situé juste au-dessus, et qui sert donc à remplir celle-ci. Ainsi cette partie des toilettes fait office de petit lavabo pour se laver les mains après avoir tiré la chasse, et on évite le gaspillage ! Eh oui, le petit détail qui tue, c'est visiblement très japonais : tout est pensé.
Bon j'aurais préféré terminer sur quelque chose d'un peu plus glamour que le fonctionnement des water, mais tant pis. A nouveau, je te laisse jeter un oeil aux photos.
...et ne crois pas t'en tirer comme ça ^^






07:48 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : campus life, cafétéria, toilettes jap
11.10.2007
Welcome to the Far East

Il faut s'y faire, ici tu es exotique. Promène-toi dans la rue et cherche les non-bridés : il n'y en a pas. Tu es et resteras un étranger. C'est marqué sur ton visage, fais-toi une raison. Alors bien sûr ça énerve les gens qui sont installés là depuis plusieurs années et qui, lorsqu'ils essayent de poser une question en japonais, se voient souvent répondre dans un anglais plus qu'approximatif. Mais pour toi ça peut avoir des avantages non négligeables, comme par exemple t'exempter des règles de bonne tenue autrement applicables aux Japonais, et te permettre ainsi de te moucher en public sans subir une pression sociale trop forte (utile quand comme moi on arrive enrhumé).
Il n'empêche, tu ne parles pas -encore- la langue et tu te sens con quand tu mets un bus en retard parce que tu merdouilles dans ta monnaie comme les 5 autres "gaijins" (étrangers) descendus avant toi. Par contre, c'est évidemment très drôle quand tu achètes des produits au pif au supermarché et que tu rentres vite les essayer au dorm pour voir quel goût ça a. Ceci dit, les mauvaises surprises sont au moins aussi fréquentes que les bonnes. Heureusement les Chinoises du 4e étage connaissent un peu la cuisine locale, donc Clémence a des infos qui se répercutent jusqu'à moi. Et puis, il faut admettre qu'ici on peut vraiment manger pour pas cher.
Au 2e, on est entre Français principalement : c'est moins marrant, je préfère parler avec l'Allemand (Malte) et le Suédois (Robert), qui maîtrisent tous les deux parfaitement l'anglais. En parlant d'anglais, c'est justement l'Anglais, en bon geek, qui a réussi à bidouiller pour trouver un réseau wifi accessible à côté de la bibliothèque... c'est toujours loin de notre bâtiment, mais ça permettra au moins provisoirement d'utiliser MSN (visiblement interdit en salle info) en amenant son PC sur place. J'ai testé hier soir, assis sur le muret qui entoure le grand arbre central du campus, entre un Dannois et un Allemand eux aussi connectés, et ma foi ça marchait pas trop mal.
En tout on doit être quelquechose comme 150 étrangers sur le campus, mais 50 à 60 seulement dans mon programme (Maple), dont une bonne moitié d'asiatiques. Nous sommes d'ores et déjà allés effectuer la "alien registration" à la mairie, formalité nécessaire à l'obtention de la "gaijin card", sans laquelle on ne peut pas faire grand chose au Japon en tant qu'étranger. Elle nous servira pour ouvrir un compte en banque, avoir un téléphone portable, etc.
Lundi, jour férié ("jour du sport" je crois) nous sommes allés jeter un oeil à Umeda, le centre-ville Nord d'Osaka. Et non, au Japon ce n'est pas contradictoire de sortir en ville un jour férié : les magasins sont dans l'ensemble toujours ouverts, surtout quand il y a des clients, c'est-à-dire justement les jours fériés.
J'ai donc soutiré quelques informations à Robert qui y était allé à pied la veille -5h de marche, tu le crois si tu veux- et nous avons pris le bus puis le train/métro (je ne sais pas s'ils font une différence). On est quand même à 1h de la vraie ville, et les transports sont chers ici : compter 7€ par aller-retour, pas d'abonnement possible pour nous. Ceci dit ça en vaut la peine. Pour l'instant nous n'avons eu le temps de visiter que Yodobashi Umeda, à savoir un gigantesque magasin d'électronique en tout genre (Yodobashi Camera, sur 5 étages) et quelques autres grandes enseignes japonaises, surtout de fringues (par exemple Uniqlo, le H&M local, ou "Comme ça Store", au faux-chic frenchy). Mais on retournera sans doute régulièrement là-bas, ne serait-ce que pour monter en haut du Umeda Sky Building où the view nous attend, ou pour visiter les immenses centres commerciaux souterrains qu'on trouve là-bas, nous a-t-on dit.
Allez, je te laisse jeter un oeil aux photos d'Umeda plutôt que de t'assommer d'un coup avec tout ce que je dois te dire. Je commence à me plaire ici ^^
...rendez-vous demain pour plus de Japon, si tu es sage !







13:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gaijin, Umeda, wifi sous un arbre
10.10.2007
Au (re)commencement etait internet...
Qui eut cru qu'il serait si difficile d'avoir un acces internet au Japon ? Sur un campus de fac, qui plus est ! Apres une semaine coupe du monde, me voici de retour ! Par contre tu m'excuseras, j'ai momentanement perdu les accents en route, clavier nippon oblige.
Donc en fait c'est un peu l'anarchie ici pour avoir une quelconque information fiable, et jusqu'a ce jour on ne pouvait pas acceder au net depuis la salle info (je te parle meme pas de wifi, on verra plus tard si un miracle est possible). Mais il y a semble-t-il une raison a tout ca : la fusion d'Osaka Gaidai ("OUFS", remember ?) avec Osaka University, qui a eu lieu la semaine derniere justement.
Bon je vais sans doute preparer quelquechose de plus interessant sur mon PC ce soir pour te donner de la lecture demain. Et aussi des photos, plein. Tu vas voir, tu vas apprendre un tas de trucs inutiles.
...mais je vais pas tout balancer d'un coup non plus, il faut que je te tienne en haleine.
10:37 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : internet, Osaka University, stay tuned
03.10.2007
Vu(es) de là-bas

Vu de là-bas, tout est si différent. Bientôt, là-bas deviendra ici. Bientôt.
Je ne sais même pas par où commencer. Il y a tellement à dire. Je sais déjà que je ne pourrai sans doute pas te raconter la moitié de ce que j'aurais voulu que tu saches, et cette pensée me rend un peu triste.
Il est actuellement 10h30 ici à Osaka (3h30 du matin chez vous donc), le mercredi 3 octobre. Je viens de me lever après une longue nuit... puisque je n'avais pas dormi depuis près de 30 heures, n'y étant pas arrivé dans l'avion. Je ne sais pas trop où ni quand je pourrai poster cet article, mais au moins son moment d'écriture est situé. Place au récit : je vais tenter de faire au mieux en procédant chronologiquement.
L'avion : Clémence et moi avons failli être surclassés en business... et en fait non, fausse joie. Nous avons même failli être à côté dans l'avion... et pas réellement. Cela m'a cependant permis de faire connaissance avec un couple charmant, la quarantaine, vivant à Kobe.
J'ai beaucoup parlé avec la femme (Yuki, "neige" en japonais) qui par chance était traductrice et parlait donc un très bon anglais. On a discuté de tout et de rien, de leur séjour en France, du fait qu'elle y avait vécu 5 ans dans sa jeunesse, du mécontentement du patron de son mari quand il a posé 2 semaines de vacances (énorme au Japon), des colonies de vacances -oui oui j'ai chanté du Pierre Perret dans l'avion-, ou encore du grand kiff de son mari quand ils vont dans le sud de la France et en Europe : traverser les frontières en voiture... car le Japon étant une île, c'y est impossible. L'espace Schengen les a d'ailleurs beaucoup déçu : même pas de contrôle à la frontière alors qu'ils avaient tout préparé ! Ils m'ont même laissé leurs coordonnées à Kobe, leur e-mail si j'avais un problème, et le nom d'un "onsen" (bain public japonais) auquel il fallait absolument que j'aille.
11h30 de vol ce fut quand même long. En plus il faisait relativement chaud, ce qui sur une telle durée peut être pénible. Arrivé à Osaka heureux mais ne rêvant que d'une bonne douche, je passe à la douane sans problème. Nous allons chercher nos bagages. Clémence récupère immédiatement son sac, mais pas moi... je vous passe les détails, une dame vient me voir et me demande si mon nom figure sur un de ses papiers. Or elle tient dans sa main 3 feuillets concernant des bagages qui sont restés à Charles de Gaulle... et évidemment, il y a le mien. C'est donc la grosse tuile officielle de la journée (sans compter qu'on avait payé un excédent de 150€ pour 5 kilos supplémentaires, donc je pense qu'il y a du scandale dans l'air auprès d'Air France).
Toujours est-il que la valise en question devrait -je préfère utiliser un conditionnel- m'être apportée aujourd'hui mercredi en fin d'après-midi directement à la fac, arrivant donc par un autre vol. En attendant, j'emprunte du gel douche, du dentifrice et une serviette à Clémence, et je mets les vêtements de change que maman m'avait heureusement conseillé de placer dans mon bagage cabine (how my mother saved my life).
Bref après avoir fait le nécessaire pour le bagage non-embarqué, 4 étudiantes japonaises (dont une chinoise ^^)de "OUFS" nous accueillent à la sortie de l'aéroport. Rejoints par 2 autres français (étudiants en japonais à Marseille), nous filons vers la fac dans un taxi mini-bus, tandis que nos hotesses attendent d'autres personnes. Le trajet dure plus d'une heure. Il semble vu de loin que l'architecture de la ville est massive, bétonnée et, je te l'avoue, très moche. Mais je ne me souviens pas avoir jamais ressenti autant d'excitation devant autant de laideur. Et puis petit à petit quand nous sortons du (genre de) périphérique pour traverser une partie de la ville les choses prennent une taille plus humaine.
Pourtant tout est si irréel, si différent. J'ai l'impression d'être dans un film de science-fiction, d'avoir été projeté au moins 50 ans en avant.
Et en effet le Japon est différent. Même les toilettes ne marchent pas tout à fait pareil. Il y a des boutons un peu partout dans la résidence dont on ignore un moment la fonction avant de finir par la deviner (sans que les kanjis écrits en-dessous nous soient pour l'instant d'un grand secours). C'est ainsi que je me suis résigné hier à prendre une douche froide, après avoir merdouillé un bon moment sans succès pour obtenir un peu d'eau chaude. Plus tard, d'autres étudiants nous ont montré la marche à suivre.
Un mot rapide sur le dormitory et le campus (j'y reviendrai sans doute dans un prochain article). Les chambres sont évidemment assez petites mais mal fichues, les rangements sont corrects, et nous disposons de toilettes et d'un lavabo. Les douches en revanche sont communes à raison de 2 par étage, étages qui comptent chacun 6 chambres, donc 1 douche pour 3, c'est raisonnable. La chambre est relativement propre (relativement), le coin cuisine de l'étage déjà un peu moins, et sur l'ensemble du bâtiment il faut bien reconnaître que c'est pas trop ça. Encore que ce qui donne une impression de saleté, en plus des toiles d'araignées, ce sont surtout les tâches d'humidité qu'il y a un peu partout au plafond (Dark Water anyone ?), enfin surtout bien sûr dans les douches.
Parce que ouais, l'humidité parlons-en. On arrive, il fait beau, il fait chaud, super. Mais alors quelle chaleur écrasante. Plus que chaud, il fait lourd. Je suppose qu'on s'habitue.
Pendant que Clémence se repose, je fais un tour sur le campus et aux alentours avec les 2 autres français. Nous apprendrons d'ailleurs plus tard que nous sommes 6 en tout, les 2 derniers étant également des étudiants en japonais venus de Toulouse, et que nous sommes 4 au même étage, sur 6 chambres donc. Sur le campus, quoi dire ? C'est grand, il y a beaucoup de bâtiments différents, des cours de tennis, une piscine (qu'il faut réserver, ce qui a l'air de relever de l'exploit), un grand terrain central où on trouve en permanence une vingtaine de japonais en train de s'entraîner à Dieu sait quoi de façon bruyante et plutôt comique... notre dorm' est un peu le bout du monde d'ailleurs, vu qu'il est situé au nord d'un campus déjà à l'extrême nord d'Osaka. Pour te dire, on est sur une grande colline boisée, et derrière la fac il n'y a plus que la forêt.
Aux alentours, autant dire en contrebas vu le dénivelé, ce sont visiblement des résidences propres et calmes, avec parfois des petits champs de blé (?) au milieu... une sorte de banlieue américaine version japonaise, en plus joli donc. Nous avons déjà repére le Seven-Eleven le plus proche, petit supermarché d'appoint. Chose amusante également, il y a des distributeurs de boissons les plus diverses tous les 100 mètres ou presque. Même sur le campus. Enfin elles sont pour la plupart assez inbuvable il faut dire... on a déjà testé quelques trucs, et nous continuerons "pour la science". Ainsi à 100 mètres du dorm' nous avons 3 magnifiques distributeurs avec des boissons bizarres et aussi les fameux "Cup Noodles", nouilles en pot, ce qui peut être pratique. Signalons d'ailleurs que la canette de Coca (avec +150ml, donc vraiment grande) est à 130 Yen, soit moins d'1 euro (1 euro = 160 Yen environ, actuellement).
Nous avons également pu discuter avec quelques étudiants du "U" (Undergraduate) Program -nous sommes dans le "M", Maple Program- qui sont déjà là depuis 6 mois et pour encore 6 mois. Visiblement la vie sur le campus est limitée depuis que les Vietnamiens ont fait péter des feux d'artifice dans la salle commune, et c'est un peu le choc des civilisations Orient vs. Occident ("oh look at this, there is a living cat next to this group of Vietnamese people... I can't believe it, I need a photographical evidence !" ^^). Et le problème c'est que pour aller là où il y a une réelle vie nocturne dans la ville, ou pire dans le vrai centre, ça prend facilement 45 minutes, il faut combiner au moins 2 moyens de transport, et ça coûte cher - 2,000 Yen l'aller-retour semble-t-il, si on fait au plus vite.
Hier soir nous avons mangé un "bento" (sort de plateau-repas tout fait) pour 2 au self avec Clémence... seulement 400 Yen je crois et c'était bon. La nourriture ne devrait donc pas poser de problème.
Demain, on a quelques démarches à faire, quelques réunions ici et là... mais nos cours ne commencent pas avant le 9, soit mardi prochain. J'espère commencer à bosser un peu le japonais d'ici-là, je sens que ça va être vital, car pour l'instant je me planque un peu derrière les autres quand on ne peut pas parler anglais !
Sinon nous avons également vu 2 autres étudiantes du "Maple", une Péruvienne et une Coréenne apparemment sympas. Aujourd'hui je pense que la mission sera de trouver le magasin "tout à 100 Yen" (hyaku-en shop) pour tâcher de se meubler un minimum et d'avoir un petit nécessaire de cuisine. Et peut-être aussi d'arriver à aller jusqu'au cyber café le plus proche (il faudra attendre d'avoir nos students ID pour l'accès internet de la bibliothèque apparemment) pour avoir une connexion internet et tâcher de poster cet article qu'au final j'aurai bien mis une heure à écrire et que je ne compte pas relire eu égard à sa longueur. Désolé pour les fautes etc, mais bravo à toi d'être arrivé au bout !
Et j'oubliais, mon adresse :
#K-202 Minoh Internation Student House, Osaka University
8-1-1 Aomadani-Higashi, Minoh City, Osaka
562-0022, Japan
...et c'est parti pour un an !

Commentaires photos :
- en haut: le long cheminement jusqu'à la fac (les longs bâtiments en béton qu'on aperçoit en arrière-plan sur les 2 dernières vues)
- ci-après : une vue des alentours de la fac... bientôt un "reportage" sur le campus, le dorm, et ses habitants ^^
PS : avons trouve un cyber cafe rudimentaire a 30 mins de la fac par bus + train... prochaines nouvelles pas tout de suite ^^
10:07 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : osaka, arrivee, depaysement
01.10.2007
Vu(e) d'en haut

Vu d'en haut, tout semble calme. On ne distingue guère plus au sol que de grandes formes immobiles, et ces immenses tâches de couleur forcent l'admiration. Le monde paraît loin, quand la pesanteur n'a plus son mot à dire.
Sur l'horizon, le soleil levant darde déjà vers moi ses plus beaux rayons, formant d'éblouissantes visions. Les images deviennent floues, signe avant-coureur de leur disparition prochaine.
Le coeur entre deux rives, je glisse vers un sommeil sans repos.
***
Ah l'heure où ces lignes feront leur apparition sur mon blog, je serai dans l'avion, probablement en phase de décollage. J'espère que tu ne m'en voudras pas trop de bloguer "en différé" (car c'est tricher) mais parfois ça rend service.
Alors ça y est je suis parti, et bizarrement je ne suis même pas stressé. Pas triste non plus. Comme à l'épreuve des émotions. Deux solutions : 1/ j'ai dépassé le stade des angoisses métaphysiques ou 2/ je n'ai pas encore vraiment réalisé ce qui m'arrivait. Je penche pour le 2/, même si je ne peux nier qu'il y a eu des manifestations du 1/.
Mais j'ai encore tout le trajet pour me faire à l'idée. Ce qui ne m'empêchera sans doute pas d'avoir un choc quand je me rendrai compte que je suis incapable de lire quoi que ce soit comme panneau, ou de saisir la plus petite bribe de conversation. Et surtout quand un mec avec une pancarte bariolée "OUFS" nous demandera : "Ale you ze flench studentz ?". Oui parce que Osaka University of Foreign Studies ça s'abrège OUFS, ce qui évidemment, pour tout francophone de moins de 70 ans, est évocateur.
Bon, avec le décalage horaire je risque d'être over-claqué à l'arrivée (sauf éventuellement si j'arrive à bien dormir dans l'avion), sans compter que j'aurai certainement une tonne de trucs à faire. N'attends donc pas de nouvelles trop vite : elles viendront à point nommé, quand je commencerai vraiment à te manquer.
...enfin si je trouve la salle info.
14:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : avion, choc, OUFS






