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28.09.2007
Vu(es) d'ici

Vu d'ici, l'eau a l'air froide. Il y a bien sûr des aficionados du bain glacé, mais je ne sais pas vraiment si c'est pour moi. J'ai souvent préféré m'imaginer les choses pour me dispenser de les vivre. Sans compter que j'ai le vertige. J'hésite encore un peu. Je ne devrais pas regarder en bas.
Bien emmitouflés dans leurs certitudes, ils sont là. Ils sont venus nombreux, ces badauds frileux. Tous ne désirent qu'une chose : être aux premières loges pour assister à ma chute. Un spectacle tragique et édifiant, forcément. Les conditions sont telles que si ce n'est pas l'impact initial qui a raison de moi, l'hypothermie causera ma perte sous très peu. Ils pensent tous pareil et ça les rassure.
Qu'importe ? Je ne les entends déjà plus. Au fond, je sais bien que je ne peux plus reculer. C'est même le seul moyen que j'ai trouvé pour vivre : tout verrouiller puis jeter la clef.
Alors, sans une respiration, je plonge.
***
Depuis mercredi je planche sur le contenu de ma valise, même si je ne pars que lundi. Ca doit bien faire 7 ou 8 ans que je ne m'y suis pas pris aussi à l'avance pour faire quelque chose... Je t'épargne la liste exhaustive de son futur contenu, les dilemmes sur le nombre de pantalons à emporter, et l'arrachage de cheveux pour peser le tout.
Soyons néanmoins précis : pour le Japon, sur Air France, c'est un bagage de 20kg en soute (30€ par kg supplémentaire, c'est dissuasif) et 12kg pour le bagage cabine. Si j'ai bien calculé la durée prévue du vol est de 11h35, sans escale depuis Charles de Gaulle jusqu'à l'aéroport international du Kansai. Sachant que je pars à 13h45, cela me fait arriver à Osaka le 2 octobre à 8h20, heure locale.
Petite spécificité de "KIX" : l'aéroport est entièrement construit sur la mer. Gain de place évidemment. Il se trouve au sud de la ville, soit semble-t-il à l'exact opposé de la fac. Un représentant de la Osaka University of Foreign Studies sera heureusement là pour nous y conduire. Je dis "nous" parce que je te rappelle que je pars avec une autre personne de l'IEP, à savoir Clémence... que je connais peu mais avec qui j'ai eu un bon premier contact.
Comme finalement je n'ai pas grand chose à dire avant le départ, je te souhaite bien du plaisir en Sarkozie et te laisse méditer sur ce billet de 5,000 Yen. Prononcer [go sen en].

...promis, je trouverai plus poétique une fois sur place.
21:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : plongeon, aéroport, méditation
24.09.2007
Colchiques dans les prés...

...c'est la fin de l'été. Le départ approche et l'heure est à la flétrissure. Je redeviens la feuille blanche, celle qui peut tout mais qui n'est encore rien. Celle qui est à la fois folle promesse de quelque chose et insondable angoisse du vide.
Pourtant à y regarder de plus près, la page n'est pas tout à fait blanche. Elle contient ici et là de petites tâches d'encre, maladroitement effacées. Des traces de gomme, aussi. On ne recommence jamais vraiment à zéro.
J'ai quitté Lille. Je n'ai pas dit au revoir à l'IEP, mais plutôt directement à ses occupants de 4e année, avec qui j'ai passé mes deux dernières soirées. Tous m'ont assuré que j'allais vivre une belle expérience. Mais même mal éclairé, le palais des Beaux Arts n'a jamais été aussi émouvant que cette nuit-là. Il est des fils invisibles que tu ne pourrais te résoudre à couper, alors le temps s'en charge pour toi.
Depuis quelques jours déjà, mon esprit est ailleurs. Je somatise, et ça ne s'arrange pas.
***
Vendredi, c'était assurément rugby ! Il y avait foule dans les bars de la rue Masséna, y compris au Father. Grosse ambiance devant l'écran, bon match et résultat satisfaisant. Je n'ai rien retenu des règles, mais ce dont je me souviendrai c'est qu'essayer d'arrêter Jonah Lomu (ex-joueur néo-zélandais) lancé à pleine vitesse équivaut à se faire percuter par une Twingo roulant à 40 km/h. Comme quoi une Twingo, ça déchire.
A peine récupéré de la longue nuit qui a suivi, il fallait déménager. Papa et moi avons d'abord craint que tout ne rentre pas dans la camionette, mais une fois les matelas sanglés sur le toit la place était suffisante. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait drôle de voir son appartement vide.
En préalable à ce déménagement, j'ai découvert vendredi un truc surréaliste en allant faire suivre mon courrier : la Fête de la Poste. Peu avant 14h, la population sociologiquement très intéressante de Wazemmes attend l'ouverture du bureau de Poste. Les portes s'ouvrent. La longue file habituelle se forme ("bougez avec La Poste", ironisait l'autre). Je vois un type dans un coin avec un casque, et quelquechose qui ressemble à une petite table de mixage. Des ballons un peu partout. Cette affiche. Je ne réalise pas vraiment. Soudain "Les Forbans" font une apparition tonitruante dans les enceintes. Commence une fête triste.
Aujourd'hui heureusement la "fête" était plus joyeuse. Nous sommes retournés dans la ferme de mon oncle en plein coeur de la Beauce. Les champs à perte de vue, et le poids du ciel immense. Les chiens, les chats, les moutons... et surtout la famille. Et de nombreux au revoir.
...dans son sourire, des diamants.
01:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : déménagement, rugby, tête dans les nuages
21.09.2007
Lion : quelques surprises, et des initiatives payantes.

Payantes, oui. Parce que le document ci-dessus (MON VISAAA ! l'est bôôô non ? *champomy*) coûte 20€50, et je trouve qu'on n'en parle pas assez.
Et puis le train non plus ce n'est pas tout à fait gratuit. Quand tu as le malheur de découvrir dans le-dit train que ta carte 12-25 est périmée depuis 10 jours et que tu as un billet à 50% (ce dont tu t'étais d'ailleurs un peu prématurément félicité)... et surtout que tu tombes sur un contrôleur procédurier.

Mais reprenons la journée dans l'ordre.
8h pétantes. Le menuisier débarque pour changer la paléolithique porte d'entrée. La chienne commence à aboyer et à hurler à la mort. La perceuse et le marteau entrent en action. Toutes portes ouvertes, joie intense au plus profond de mon lit. Au bout de quelques très longues minutes, je parviens de façon miraculeuse et encore inexpliquée à retrouver pourtant le sommeil.
9h. Second réveil par un coup de fil de mon proprio lillois... visite dans l'après-midi... non je ne suis pas là, non ça ne me dérange pas, allez en paix adieu. La chienne aboie toujours en fond sonore (mais plus sporadiquement), accompagnée de quelques notes de perceuse. Sommeil.
10h. Le Roi se lève. Douche, préparation de valise, et rencontre avec le menuisier, qui semble en avoir fini avec la perceuse.
12h. Rendez-vous chez le dentiste, notre ex-voisin du dessous. Charmant, vraiment. Et je faisais bien de venir le voir, en effet petite carrie à une dent de sagesse (au fond à droite, l'enfer à brosser) qu'il s'empresse d'éliminer et de plomber, moyennant une petite anesthésie. Bruit de perceuse de la fraise. Plus de peur que de mal.
14h. Train vers Paris. Enc*lé de contrôleur. A la SNCF, ils peuvent bien crever pour que je compatisse quand ils viendront pleurer sur la suppression de leur régime de retraite, le mois prochain. De toute façon, je serai déjà loin. Et toc.
16h. Ambassade du Japon, avenue Hoche. Je récupère mon visa ! ^^
16h10. Trou imprévu dans l'emploi du temps. Idée. "Allo-euh Adrien ? Tu serais pas chez toi par hasard ? Bon bah cool, j'arrive !" Nous tuons une petite heure avant que je reprenne le train Gare du Nord.
17h30. Le train vient de démarrer. Surprise. Pierre passe devant moi dans le couloir. La place à côté de moi est libre, nous passons le voyage ensemble. Pousserons même jusqu'à aller boire une bière Grand Place à l'arrivée. Sympathique coïncidence.
19h45. J'ouvre le courrier en retard qui s'est accumulé dans ma boîte, et défait ma valise. Je passe quelques coups de fils. Douche, dîner, un bout de télé.
22h30. Boulevard de la Liberté, en chemin vers une soirée je croise Cyprien. Discutons 10 minutes avec grand plaisir. Encore une preuve que le monde lillois est petit. Puis j'arrive chez des 4e années, invité que j'étais par mon homonyme.
...2h30. Ai passé une bonne soirée ^^
03:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : train, visa, perceuse
16.09.2007
Chasse, pêche, nature et transpiration

Il y a des jours comme ça qui sont plus complets que d'autres. Des jours qui donnent à rire et à pleurer. A s'enthousiasmer et à s'énerver. A penser et à écrire, soit pour ce qui te concerne, à lire.
Sunday morning fever : debout à 9h, en voiture à 10h, et direction le vide-greniers de la barrière Saint Marc. Petites blagues entre amis tout au long de la matinée. Chez la grand-mère de Jérémy, dénichage de vieilles cannes à pêche qui reprendront bientôt du service. Déjeuner fastueux, offert avec bonheur aux convives par notre hôtesse... à laquelle j'ai d'ailleurs promis de revenir l'an prochain. On n'a (presque) rien acheté, (pratiquement) rien vendu, mais l'ambiance "populaire" -j'ai de plus en plus de mal à utiliser ce mot- et le soleil omniprésent sont plus que suffisants pour susciter une bonne humeur durable.
16h, second départ dans la journée. Ma mère, ma tante, et moi. Visite à mes propres grands-parents, cette fois. Logique, c'est "journées du patrimoine", a en substance argumenté maman. Je ne peux de toute façon pas prendre le risque de partir sans les avoir revus. Nous filons droit vers la grande propriété solognote. Soleil, ciel pur azur.
Ma tante nous dépose et s'éclipse voir une ex-collègue. Goûter sur la terrasse, pendant que ma grand-mère égrène les sujets de conversation de son âge... à savoir principalement les derniers pépins de santé en date, et leurs implications quant à ceux survenus antérieurement. Puis courte promenade à travers bois dans le but d'aller récupérer, dans la bâtisse servant de remise, des cartons de vêtements d'hiver dont ma mère a besoin.
Le rideau de fer grince quand nous entrons à l'arrière. Pénombre. Araignées. Bordel monstre dans les piles de lourds cartons. Enervement. Pénombre. Araignées. Coincés sur un mini-escabeau, entre un vieux réfrigérateur et les tours de Pise intérieures, nous tentons à tour de rôle d'extirper les cartons à récupérer. Découragement. Pénombre. Araignées. La chienne (cf. photo 8/09) nous tourne autour dans un espace déjà plus qu'encombré et accidenté. Jurons. Pénombre. Araignées. Quota d'affaires retrouvées atteint : éreintés, décidons d'arrêter là pour cette fois. Posons les affaires devant le bâtiment, sortons, refermons le tout. Réalisons au bruit provenant de l'intérieur que la chienne n'avait pas jugé utile de nous suivre. Réouverture. Pénombre. Araignées. Fermeture définitive.
Retour à travers bois vers la maison, grand-père revenu de la chasse. Retournons en camionnette chercher un carton trop lourd laissé là-bas. Effrayons deux chevreuils. Ramenons le carton.
Tante revenue de visite. Discussion atroce sur le fils de sa collègue, mort écrasé en 2 temps par un bus de ramassage scolaire. Détails révoltants sur l'attitude du chauffeur, de la police, et sur la société de transport mise en cause. Tu voudrais hurler, mais ça ne sert à rien. Tu voudrais cogner, mais tu ne peux pas. La vie, des fois, c'est super moche. Overdégueulasse. Terriblement injuste. Ne te résigne pas.
Rentrage à la nuit tombée. Sommeil. Coups de soleil...
23:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : greniers, cartons, soleil
13.09.2007
La France mérite-t-elle une fatwa ?
OUI. Un pays qui a voté à 53% pour you-know-who, qui le soutient à plus de 65%, et qui se dote de quotas d'expulsions de sans-papiers ne peut *pas* être fondamentalement bon. Alors tu me diras, le Japon c'est sans doute guère mieux. Gouvernement archi(pel)-conservateur (oui c'était nul comme blague), ministres ultra-corrompus, morale confucéenne douteuse... Et je ne pourrai qu'être d'accord. Mais eux, tu vois, c'est différent... ils sont étrangers... tu leur pardonnes. Même si c'est idiot. Un peu comme quand tu en colles une à ton gamin parce qu'il te ramène sa mauvaise note du trimestre, et que dans le même temps tu félicites chaleureusement le gosse de la charcutière qui a eu son bac-pro au rattrapage après 3 tentatives.
De toute façon, la France, à force de l'habiter, tu la connais bien. Tu connais la légendaire bonne humeur du Français moyen, son proverbial goût du travail bien fait comme de la ponctualité, et évidemment l'illustre modestie dont jamais ô grand jamais il ne se départit. Les seules choses qui pourront éventuellement te manquer seront donc dans l'ordre 1/ ton grand lit, 2/ le centre-ville accessible à pied et 3/ le trio magique saucisson / cornichons / fromage que tu pourras au pire courir te procurer chez Karufuru (Carrefour), si vraiment t'en peux plus.
C'est donc sans aucun regret que je quitterai la France...

...ou peut-être ai-je honteusement menti, va savoir ^^
Sans transition, quelques grandes vérités toujours bonnes à énoncer :
- quand tu as un problème sur ton PC, ne cherche pas bien loin, c'est *toujours* la faute de Norton.
- inutile d'aller à MacDo ou à Quick après 1h du mat' en semaine : c'est fermé.
- note pour plus tôt : le bug de l'an 2000 n'a pas eu lieu.
Sinon, rien vu au ciné ces derniers jours. En revanche j'ai bien aimé le dernier bouquin de Nothomb. Mais quand même, ça s'étire un peu, cette histoire d'amour. En somme c'est comme dans un vrai couple : la meilleure partie c'est avant qu'ils soient ensemble.
...et à part ça, un Japonais très à l'aise a prouvé qu'Offspring bougeait encore en conservant son titre de champion du monde d'Air Guitar.
00:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : l'autre pays du fromage, Norton, Air Guitar
08.09.2007
Big brother is watching you.

16:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : watchdog, Orléans
05.09.2007
J(apon) -25

Nous y voilà presque, hein. Là-bas, à quelques 10,000km. Juste toi, les sushis, et moi... tentant, hein ? Sauf que non, ça ne va pas du tout se passer comme ça. Eh non, je suis désolé pour toi mais tu n'as pas ton visa ! Or en ce qui me concerne, ça ne saurait tarder. Alors bon je pensais avoir des trucs super kewls à dire sur l'ambassade, mais à part la jolie plaque ci-dessus, un magnifique formulaire dûment rempli, et un fonctionnaire nippon efficace quoique pas très rigolo, je suis resté sur ma faim. Donc tu resteras sur la tienne. Poursuivons.
Dans l'épisode précédent, nous évoquions la braderie de Lille. Or, ce n'est pas parce que je n'ai rien acheté que je n'ai pas participé à l'événement. Modestement, hein. Mais quand même : avec "princesse" Jiji (j'ai vraiment écrit ça ? elle a intérêt à venir le lire !) et sa coloc, on a bravé la fatigue et le froid pour surveiller durant la nuit un stand d'amis au second degré. C'est toujours drôle de fouiller dans les caisses de vieux livres, et de voir papy débarquer à 5h30 pétantes avec sa lampe torche sous le bras, parce que, c'est bien connu, les bonnes affaires c'est à la fraîche ou jamais. Et puis dimanche soir petit plaisir ultime de la braderie, les fameuses moules-frites le resto jap' et sa glace haricot rouge / thé vert.
Enfin, anniversaire non-fêté oblige, les choses ont été rattrapées juste avant que Marine et Jérémy ne désertent Orléans. Figure-toi que j'ai bien fait de revenir, parce que j'ai eu droit à plein de chouettes choses dont un guide d'Osaka, et des magnets personnalisés avec amour par de superbes photos grimaçantes des 4 abrutis copains en question (les 2 pré-cités + Baptiste et Mathieu). Magnets que j'ai bien sûr promis de coller sur le frigo de mon futur dorm', ce qui à coup sûr fera rayonner la France ^^"
Puisqu'on est dans les cadeaux, j'ai aussi eu de la part de ma tante un "bon pour" autre chose... qui se trouvera être le successeur de feu mon iPod 10 Go "je-suis-de-la-1ere-génération-et-j'ai-une-batterie-overmerdique". Parce que je ne peux décemment pas affronter 11h de vol Paris-Osaka avec une autonomie musicale de 4h (dans les bons jours). J'ai donc décidé de (faire) investir dans un Creative Zen Stone Plus ! Ca n'a peut-être rien à voir avec un produit Apple en termes de capacité de stockage, d'ergonomie, ni même de finition, n'empêche que je vois déjà les yeux de yoyo qui brillent au fond là-bas. Pourri-gâté, moi ? Ce n'est pas totalement impossible... :-°
...au Japon, on préfère renifler que de se moucher en public. A tes souhaits.
12:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ambassade, braderie, cadeaux
01.09.2007
Do the B.R.A.D.E.R.I.E.

Concert gratuit de Justice en plein coeur de Lille : n'en doutons plus, Dieu existe. Mais c'est quand même un sale bâtard de samayre, parce qu'il a foutu Magic System, Leslie, et Lord Kossity avant pour nous punir. A la réflexion, il semblerait d'ailleurs que Dieu s'appelle Fun Radio, et que les gens l'appellent l'idôle des jeunes. La jeunesse, c'était mieux avant.
...ok j'avoue, je suis quand même resté à la fin pour Fatal Bazooka ^^
22:42 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : braderie, Justice, tavu






