17.07.2008

Last days.








Ayé, je rentre dimanche. C'est la fin d'une belle "arventhure". Je vais pas faire semblant de pas être un peu triste de quitter le Japon, car je sais que ce pays me manquera à la seconde où j'aurai posé le pied dans l'avion. Mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas content de rentrer, et surtout de vous retrouver.

Des souvenirs et des sourires, on en perd forcément un peu en route. L'essentiel, on le garde avec soi.

...et si tu as été attentif, tu auras peut-être reconnu sur les photos ci-dessus le matsuri des matsuri : j'ai nommé le Gion Matsuri, à Kyoto. Archi-bondé mais bonne ambiance et des yukata comme s'il en pleuvait. Ca valait le détour ^^

07.07.2008

On top of the world


Le proverbe japonais dit en substance : "Qui gravit le Fuji-san une fois est un sage, qui en fait l'ascension une deuxième fois est un imbécile." Et ça tombe bien car, si je suis très heureux de cette expérience, je ne le ferai sans doute pas deux fois !...

L'arrivée sur Tokyo préfigurait déjà la galère dans laquelle on s'embarquait, puisque tous les casiers à bagages du centre ville étaient fermés, pour cause de G8. Heureusement on a fini par tomber sur un réceptionniste sympa dans un petit hôtel, qui a accepté de garder nos valises... très certainement parce qu'on s'est expliqué en japonais. Après quoi il fallait rejoindre le bus à la gare de Shinjuku, pour un peu plus de 2 heures de trajet jusqu'à la 5e station du Mont Fuji, où l'on arrivait à 22h30. Objectif : faire l'ascension de nuit, et arriver pour le lever du soleil vers 4h.

Lampe torche, vêtements chauds, gants, bonnes chaussures, boissons, nourriture... le sac à dos au complet, on ne tarde pas à se mettre en route. Le périple commence donc à la 5e station de la route de Kawaguchiko, à 2305 mètres d'altitude. Le sommet se trouve près de 1500 mètres plus haut, soit à 3776 mètres précisément : c'est bien sûr le point culminant de l'archipel. Niveau température, on a quitté les 32°C de chaleur Tokyoïte moite et étouffante, et perdu facilement 20 degrés. Ce n'est qu'un début.

Et le début est d'ailleurs plutôt rigolo. On commence là où la route s'arrête, par une toute petite portion de forêt. On fait mumuse avec la lampe torche, sans laquelle il fait nuit noire. Il n'y a presque personne d'autre. Et lorsque les arbres s'éclipsent, on voit en contrebas au loin les lumières d'une ville au nord. La route monte tout doucement... monte-t-elle d'ailleurs vraiment ? Non, par endroit elle semble descendre. Au bout d'une bonne demi-heure, on arrive à la 6e station, sans grand péril.

Or c'est là qu'on commence à déchanter, quand on se rend compte grâce à la fiche informative du parcours qu'on n'a presque pas décollé par rapport à l'altitude d'arrivée... tandis qu'il y a 300 mètres (= une Tour Eiffel) de dénivelé entre chacune des stations suivantes. Gloups. C'est là aussi qu'on commence à regarder autour de soi et voir que tous les autres grimpeurs ont par exemple chacun une lampe frontale, un bâton de marche, tout un attirail de randonnée, et non pas juste une bête lampe torche pour 2. Aurait-on sous-estimé la montagne ? Oui.
 
La suite ne fait que confirmer. On avance à grand peine, dans la nuit noire, en prenant soin de rester loin de la pente. Entre les stations proprement dites, on trouve des refuges très semblables où l'on peut se reposer et même acheter quelques vivres, mais cela à prix d'or. On préfère s'en tenir au banc, sur lequel on pose ses fesses 2 minutes, le temps de boire une gorgée et de repartir. Le corps est mis à rude épreuve.
 
Ca va durer comme ça près de 5 heures, durant lesquelles la terre va parfois laisser place à la roche, guère plus pratique à escalader. Surtout quand tu dois te tenir à une corde et que ta 2e main est prise par la lampe. Les refuges se succèdent comme autant de petites victoires sur soi-même. Et puis finalement, alors que tes forces se barrent, l'horizon commence s'éclaircir : c'est pour bientôt, il ne faut rien lâcher ! Après un nombre incalculable de faux espoirs, de "on est presque arrivés", tu y es enfin.
 
Ils disent que les enfants et les grand-mères peuvent le faire... ben j'aimerais voir ça, tiens ! Gravir le Fuji-san, ça se mérite. Et on n'est pas peu fier de l'avoir fait. Le spectacle du soleil levant est la juste récompense du grimpeur, pour peu qu'il ait beau temps : c'est magnifique, magique. Le ciel passe par des teintes de bleu, de rose et de violet inconnues jusque là, avant que l'astre du jour n'achève d'embraser les nuages de l'aube. En contrebas, d'autres sommets timides pointent à travers la brume, entourés de lacs et de forêts, tandis qu'au premier plan les retardataires finissent leur ascension. Superbe.

La visite du cratère tourne court après quelques photos, car il vente et on pêle : eh oui il y a encore pas mal de neige au sommet, même début juillet ! S'amorce donc la redescente du volcan, sur un chemin différent de près de 3 heures, fait principalement de terre meuble. C'est évidemment plus simple, mais les jambes sont douloureuses et l'aventure n'est pas finie pour autant. Un touriste maladroit pose son sac un peu trop près de la pente lors qu'une pause : il le regarde la dévaler sur une centaine de mètres, impuissant. Heureusement pour lui, le sac s'arrête juste avant un grand saut et, intrépide, il pourra le récupérer. D'autres auront eu moins de chance : je rencontre par hasard 2 Français travaillant chez Air France, dont un collègue s'est tué dans l'ascension quelques temps auparavant. On ne plaisante pas avec la montagne.

On finit par regagner Tokyo en début d'après-midi, passer à l'hôtel prendre une douche très très TRES nécessaire, et s'offrir un repos extrêmement mérité. Le reste du weekend est ensuite principalement consacré à affronter la foule, de Shibuya à Harajuku, en période de soldes. Pas une mince affaire non plus ! Si tu veux mon avis, il fait beaucoup trop chaud et humide en été pour une ville aussi bondée. On devrait interdire aux masses d'air de dépasser les 25°C, ouais.
 
...pas de bol, c'est un peu le même topo à Osaka ^^














30.06.2008

"No summer, no life"


Tel était le slogan du festival d'été de la fac ce weekend. Au programme, des spectacles divers, des stands de bouffe, et de la bonne humeur. Et comme c'est toujours la saison des pluies, "summer" n'a pas vraiment rimé avec "sun" mais qu'importe, il fallait s'y attendre. Le grand intérêt de l'évènement, c'était aussi de voir les Japonais(es) sortir leur yukata... presque une fille sur deux portait en effet l'habit traditionnel, léger et néanmoins très élégant ! Pour leur rendre justice, un concours de yukata faisait d'ailleurs parti des réjouissances.

A part ça, je commence à m'organiser très sérieusement pour le retour, à réfléchir aux cartons, aux derniers achats à effectuer, aux derniers lieux à visiter... L'autre soir, à l'occasion d'un anniversaire, nous avons mis les pieds dans un izakaya original, de la franchise "The Lock Up", à mi-chemin entre l'univers carcéral et celui des films d'horreur. On mange dans des "cellules", et à un moment donné du repas, l'éclairage passe en lumière noire avec une musique inquiètante, et des types déguisés en monstres viennent te faire peur... un peu ridicule, mais on s'est franchement bien marré ^^

Sinon, l'autre jour on s'est dit qu'on en avait marre de payer des fortunes en transports en commun pour aller en ville, alors que normalement on devrait avoir une réduction étudiante. Du coup, on a décidé d'utiliser dorénavant des tickets enfant : moitié prix. Ca fait un genre de "piou-piou" d'oiseau vraiment pas discret quand tu mets ton ticket dans la borne, de sorte que les 3/4 du temps je suis certain que le type remarque... mais voilà, on est de pauvres étrangers qui ne comprenons rien à rien, alors il va pas s'embêter à nous courir après et à tenter de nous expliquer puisqu'il est évident que nous ne parlons pas japonais. En fait ça doit même faire un mois qu'on voyage partout dans la région à moitié prix sans qu'on n'ait eu ne serait-ce que le début du commencement d'une remarque. N'en doutons plus, le "gaijin bonus" existe.

Enfin on est allés faire un vol de nuit dans la grande roue de Tempozan, près du port d'Osaka. Il fallait bien faire honneur à "la plus grande roue du monde", comme l'appellent encore certains guides plus ou moins intentionnellement non mis à jour. Avec ses 112,5 mètres, la roue était effectivement la plus grande du monde au moment de sa construction en 1997, et l'est restée pendant... quelque chose comme 2 ans. Allez, on ne boude pas son plaisir pour autant. En plus elle fait la météo, si si, grâce à un code couleur de son éclairage. Là c'était vert pour "temps couvert" le jour suivant. Vert, cou-vert... non en fait, on me signale dans l'oreillette qu'il n'y a aucun rapport.

...et si tu veux que je te ramène un truc en particulier, fais-moi signe, genre vite.
 






18.06.2008

Vu à la télé.


Je tenais à te dire que j'ai survécu au tremblement de terre de la semaine dernière que, pour ne rien te cacher, on n'a même senti ici. Oui oui *déception* je sais, pour moi aussi. Et j'ai aussi survécu à l'éliminatination de la France de l'Euro 2008 que, pour ne rien te cacher, on n'a pas vraiment senti non plus ici. Même si (et ça fera une transition habile) j'ai pu suivre leur avant-dernière défaite sur ma télé qui capte 2 chaînes nippones et demi dont, grosse surprise, une qui retransmettait France - Pays-Bas.

Parce que comme j'ai pas pléthore de choses à dire cette semaine d'un point de vue personnel, autant parler d'un sujet qui méritait depuis longtemps d'être abordé : la télé japonaise. Et il y en aurait des trucs à dire. Pour te donner une idée, imagine la chose la plus stupide que tu aies jamais vu dans une émission type "zapping du monde" ou sur YouTube à propos de la télé jap... normalement t'as l'embarras du choix. Alors tu te dis "wah, z'ont quand même des programmes spéciaux de temps en temps au Japon". Je t'arrête tout de suite. C'est pas "de temps en temps". C'est rigoureusement "tout le temps". Et je le prouve.

L'autre jour, par exemple. On allume la télé en bas, émission sur les animaux. Ok, les animaux c'est mimi, ça plaît. Sauf que pour les rendre encore plus mimi, il s'agissait uniquement de bébés animaux (du chiot au veau, en passant par un petit singe) qu'un type avait pour mission d'endormir par tous les moyens : biberon, bercements, caresses, musique douce... Parce qu'un bébé animal qui dort c'est mignooon. Donc voilà, le gars se démonte pas et il attend par exemple, allongé au milieu du pré, que le veau daigne se coucher, pour venir l'achever limite en lui murmurant à l'oreille, et ainsi accomplir sa mission de lui faire fermer les yeux. Le tout souligné et dramatisé comme il se doit par 50 jingles et autres inscriptions flashy un peu partout sur l'écran, et ce entre les coupures pub qui sont légion.

Programme suivant, sur la même chaîne, on ne zappe pas, on ne triche pas ! Une équipe de pêcheurs a repéré un coquillage géant quelque part au fond de la mer. Un truc de la taille d'une roue de tracteur, enfin quelque chose qui fait peur quoi. Et que vont-ils faire avec cette coque ? Très simple, ils vont mettre une cyphonée du bulbe au défi de la manger entièrement. La fille est déjà toute excitée quand ils pêchent le monstre ("ça a l'air bon ! j'en veux j'en veux !!"), puis se retrouve attablée dans un restaurant. Alors évidemment, on n'est pas chez les sauvages -ahem-, des types sont là pour lui préparer le mollusque sous toutes les formes possibles et imaginables. Une dizaine de donburi, puis pléthore de sashimi, puis en yakitori, j'en passe et des meilleures. Et mademoiselle triomphe euphoriquement, le ventre plein, le cerveau vide. Instructif.

On ne bouge pas du siège, on ne touche pas à la télécommande, l'expérience continue. Emission suivante. Alors je ne sais plus comment la pauvrette en arrive là, mais à l'écran ça donne : une fille attachée par une corde (enroulée autour de la taille) à un énorme morceau de viande, balancé par-dessus un muret dans une fosse à crocodiles. Le but du jeu étant pour la valeureuse inconsciente de tirer plus fort sur la corde que le crocodile sur le bout de viande à l'autre bout, pour éviter de le rejoindre. Après de longues minutes d'effort intense et un suspense décoiffant, le crocodile lâche l'affaire, et on a droit à un gros plan de la combattante avec marqué "WINNER". J'aurais bien aimé voir le même plan sur le croco, m'enfin tant pis on peut pas gagner à tous les coups.

Après, quand même, on a repris une activité normale. M'enfin il apparait que, si le peuple japonais est le reflet de son paysage télévisuel (et moi, personnellement, j'y crois à mort), le nippon a une très grosse obsession : la BOUFFE. Sérieusement une fois sur deux quand tu allumes le poste, c'est une émission de cuisine, ou assimilée. Tiens par exemple tout à l'heure, une fille se baladait dans la rue et son but était de demander au premier type venu ce qu'il avait mangé la veille, et où il l'avait mangé... pour aller manger exactement la même chose, au même endroit. Truc étonnant d'ailleurs, ça l'a amenée de Nagoya à Matsuyama -pas franchement la porte à côté-, dans l'hôtel où j'avais dormi lors de mon passage là-bas ! Peut-être que c'est un signe. Peut-être que la boucle est bouclée. Et peut-être que c'est pas plus mal, de rentrer dans un mois.

...sinon euh, moi ça va ^^

09.06.2008

Carré bleu sur fond gris


Okinawa, c'est un morceau du Japon. Un tout petit bout de Japon qui au fond, n'est pas vraiment le Japon. D'abord, il faut se souvenir qu'Okinawa n'a été rétrocédé par les Etats-Unis qu'en 1972, ce qui est somme toute assez récent. Ca a pour conséquence immédiate que près d'1/5e du territoire est occupé par des camps de l'armée américaine. US Air Force, US Marine Corps, US Army... et des clôtures de fils barbelés un peu partout le long de la route principale. Voilà qui contraste singulièrement avec l'image d'île paradisiaque.

Et puis, va savoir pourquoi, comme dans beaucoup de pays tropicaux aux plages tant convoitées, on sent derrière tout ça une certaine "pauvreté". Le mot est beaucoup trop fort bien sûr, mais on perçoit bien la différence de niveau de vie avec les îles principales du Japon. Sans doute le climat et l'environnement n'y sont-ils pas étrangers, et le mode de vie d'Okinawa est de toute façon plus "relax" : ce n'est pas pour rien que le petit archipel est l'endroit du globe où la population a l'espérance de vie la plus longue. La ville principale, Naha, n'est quant à elle pas bien différente d'une ville japonaise classique, à savoir moche et bétonnée.

Dans les spécificités d'Okinawa, il faut noter la langue traditionnelle locale, le ryukyu, ainsi que la culture associée. Etant donnée la proximité de la Chine, l'influence historique de l'Empire du milieu est également importante. Et puis il y a les produits locaux plus folkloriques qu'on trouve un peu partout, comme le goya, cet espèce de concombre amer, et surtout le shisa, sorte de divinité protectrice ressemblant vaguement à un lion : voilà les deux figures que tu retrouveras partout dans les magasins de souvenirs, sous toutes les formes possibles et imaginables. Ca et les bouteilles d'alcool avec un serpent à l'intérieur. Serpents qui sont parait-il nombreux, y compris les serpents de mer dont j'ai d'ailleurs croisé un minuscule spécimen à marée basse.

Le séjour en lui-même fut trop court car sur les 4 jours sur place, disons-le clairement, on a eu 3 jours de temps moche voire pluvieux. Sans doute les derniers de la saison, la faute à pas de chance ! La plage c'est chouette, mais par temps couvert c'est quand même 'achement moins bien. Ca ne m'a pas empêché de bronzer un peu et même de prendre quelques petits coups de soleil, je te rassure. La température n'est jamais descendue sous les 25°.

Mais le vrai très bon moment du séjour, c'était la séance de "plongée" qu'on a pu faire dans une grande baie au nord de l'île. Combinaison, palmes, masque, tuba, et gilet de sauvetage : hop, c'est parti, on suit le moniteur ! Nul besoin de plonger à proprement parler pour apprécier la richesse des fonds marins locaux, il suffit d'observer à travers le masque, en se laissant flotter depuis la surface. Au-dessus des massifs de corail, nous avons ainsi pu nourrir les poissons, observer les couleurs fluo de certains, et même faire coucou à "Nemo" puisque les poissons clown étaient aussi de la partie !
 
Malheureusement, je n'ai bien sûr pas de photos de plongée à te montrer. Je vais tenter de me rattraper avec le reste, pour te donner une idée ^^

...et tu verras qu'à Okinawa, on ne parle pas mieux anglais qu'ailleurs au Japon.